Résumé du bordel ambiant

Les gentils garçons marchent à pied et vont au ciel. Les mauvais garçons roulent à moto et vont partout. Donc... La vie et la mort, les femmes et la coiffure, le sexe et la moto. Mais aussi le dessin, les cerfs-volants et la mer. (Et la brouette javanaise

22 avril 2008

Les chtis : le retour (de la vengeance)

Tu sais à quel point je déteste avoir à me prostituer. Pourtant tous les jours ouvrables et même parfois le ouikaine, je tapine en donnant mon corps, (dans lequel est mon cerveau), à un patron qui en use et en abuse pour son propre intérêt et qui profite de ma dépendance pour garder pour lui, la majeure partie des bénéfices qu’il dégage grâce à moi. Mais cette avanie est terminée, c’est décidé, bientôt je deviens suffisamment riche pour le quitter.
Sale proxo va !
Le peuple aura ta peau.

Et figure toi qu’aujourd’hui est un grand jour ! J’ai trouvé comment me faire un maximum de thunes, en un minimum de temps. Je vais inviter quatre ou cinq potes autour d’une bouteille de vin et on va écrire ensemble le scénario de la suite de "bienvenue chez les chtis". Sûr que vu le nombre d'entrées, ça devrait intéresser un producteur en mal d'inspiration.
(Note pour plus tard : pour l'écriture du scénario, envisager la proportion inverse ; un pote et quatre ou cinq bouteilles de vin. Voire pas de pote du tout et un abonnement d'un an chez Kiravi).
Tu vas voir, que nous aussi on va réussir à écrire de la comédie bon enfant, qui prend pas la tête, où tout le monde est gentil, même les chefs, et dans laquelle en l'absence totale de méchants, ce sont les bons sentiments qui gagnent à la fin.

Donc, pour le numéro deux, j'ai pensé au titre "Un chti à St-Tropez"
Kad et sa femme (Zoé Félix qui jouait trop comme une pantoufle sous lexomil dans le premier épisode), reçoivent Dany Boon et sa jolie factrice récemment épousée, pour passer leur voyage de noces dans le Sud. Tout de suite, c’est le choc culturel pour nos amis du Ch'Nord. Les gens ne boivent pas de bière, ne mangent pas de frites et parlent un patois difficilement compréhensible. Par exemple, à un moment Antoine qui a un peu soif (il est pas habitué au soleil) demande un "pastiche", le tropézien comprend ça comme un pastiche. Ce qui donne l’occasion d’un quiproquo très rigolo.
(D'ailleurs, penser à glisser ici la scène avec des mecs bourrés, obligatoire dans tout film de poilade qui se respecte).
A un autre moment, Antoine va à la plage, il enlève son tee-shirt, et tout le monde se moque de son bronzage cachet d'Aspro.
Mais à la fin, tout le monde se retrouve, faisant fi de ses différences. Et comme dans toute bonne comédie française, la dernière image du film laisse nos sympathiques personnages sur un éclat de rire général.
(Là la critique sera un peu acide, comme pour Astérix 3, mais dira qu’il ne faut pas bouder les plaisirs simples. Résultat : 11 millions d’entrées)

Pour le numéro trois.
Titre : "Un chti chez les nudistes".
Dany Boon décide d’importer dans le Ch’Nord, le concept du camp de nudistes, qu’il a pu étudier lors de son voyage de noces dans le Sud. (voir épisode précédent) Après tout un tas d’imbroglios administratifs, causés par une responsable de la DDASS pas facile (proposer le rôle à Muriel Robin), notre sympathique facteur réussit à monter enfin son projet de camp de nudistes à Beurkgue. Les villageois sont mécontents, parce que "ça donne une mauvaise image du village". Le camp de nudistes ouvre malgré tout. (Penser à ne jamais montrer de sexes nus, le film doit rester tout public). Malheureusement Dany Boon a oublié un détail d’importance : dans le Ch’Nord, le soleil manque un peu et rapidement le projet périclite. La faillite s’annonce, bref Dany et sa gentille femme commencent à manger la grenouille.
Heureusement, au dernier moment, un billet de Loto trouvé par terre se révèle être un billet gagnant. Preuve que le bonheur sourit toujours aux gens gentils. Tout comme dans la vraie vie. Poussé par sa femme, Dany Boon finit par reconvertir son camp de nudistes, en musée de la chaussure de sécurité, ce qui met tout le monde d’accord dans le village.
Et pour bien montrer le bonheur retrouvé, la dernière image du film montre nos sympathiques personnages dans un grand éclat de rire général.
(Critiques vraiment catastrophiques, bouche à oreille détestable : 8 millions d’entrées. Sans compter le prime un dimanche soir sur TFOuane).

Pour le numéro 4, là j'ai encore un doute. J'ai bien pensé à un truc genre "Le chti et les extra-terrestres" mais je vois pas quoi raconter dedans.

Mardi, veille de sortie des chefs d'oeuvre du cinéma.
Bande son : Devo "Mongoloid"

Mongoloid he was a mongoloid
Happier than you and me
Mongoloid he was a mongoloid
And it determined what he could see
Mongoloid he was a mongoloid
One chromosome too many
Mongoloid he was a mongoloid
And it determined what he could see
And he wore a hat
And he had a job
And he brought home the bacon
So that no one knew
Mongoloid he was a mongoloid
His friends were unaware
Mongoloid he was a mongoloid
Nobody even cared

PS : Je tiens à préciser que le choix de cette chanson est comme dab' le pur fruit du hasard et pas du tout une allusion que je pourrais faire à propos de l'intelligence des gens du Ch'Nord que j'aime bien. D'autant plus que mongolien, c'est pas une insulte, c'est un état, faudrait pas l'oublier.

PPS : C'est que vois-tu, je me méfie ; depuis que ce film a dépassé la barre des 10 millions d'entrée, si tu dis du mal des gens du Ch'Nord, tu risques l'analyse ADN de bannière.

PPPS : Alors que les Lyonnais ou les Parisiens, tu peux continuer à les insulter, là y'a pas de problème.

PPPPS : Fin des PS

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27 mars 2008

Rêve de moule

Forcément, 15 jours sans rien écrire ici, tu dois bien te douter que j'étais en train de faire autre chose. Tu t'es pas trompé : j'étais à la recherche du nouveau Graal, l'idée du siècle qui pourrait me rapporter de l'argent sans plus jamais avoir à me lever le matin. Genre même en faisant mon imitation de la moule sur le canapé, je gagnerais quand même suffisamment d'argent pour payer les pâtes et l'électricité. Et de la vodka pour ceux qui passent. Tu vois, j'ai pas des rêves de trou-du-C. Juste une ambition de traîne-savates.

Tu vas me dire que j'ai qu'à acheter des actions de boites qui délocalisent dans le tiers-monde. Que c'est à la portée du premier débile venu, du moment qu'il est né du bon côté du compte en banque.
Je sais bien …
Sauf que tu remarqueras, les feignants qui vivent du boursicottage sont les mêmes qui te disent qu'il faut "réhabiliter la valeur du travail". Et moi, tu vois, j'ai pas du tout l'intention de te la jouer fourbe. Et puis je vais pas te sucer les neurones avec des idées en bois, pour ça y'a TF-Ouane.

Mais je m'égare.

Le truc, c'est que l'idée du siècle, je crois que je l'ai eue hier soir devant la Nouvelle-Star-Académy-du-Loft. (Ne crie pas au scandale, j'étais pas chez moi. Tu penses bien que si ça avait été le cas, je me serais plutôt cultivé devant un reportage sur la vie sexuelle des pingouins).
J'étais en train de penser à ce mec, qui a déposé le nom iphone, juste parce qu'il avait imaginé qu'un jour Apple aurait bien l'idée de fabriquer un téléphone. Et à mon avis, s'il boit pas encore des White Russians sur une plage des Caraïbes, ça devrait pas tarder. C'est là que j'ai pensé à l'amour en missionnaire. Parce que je suis sûr que si tout le monde le pratique, personne n'a encore pensé à déposer le concept.
Tu vois un peu la fortune que je vais me faire ?
Partout dans le monde, tous ces gens qui couchent ensemble dans cette position qui devront me verser des royalties ! Même à coup de un centime d'euro à chaque fois, y'a moyen que je puisse bientôt enfiler mon déguisement de poulet pour aller chanter "au revoir Président".

Evidemment, je vous devine déjà, vous allez me dire que "ouais mais on s'en fout, quitte à faire des trucs de monsieur-dans-madame (ou madame-dans-madame ou monsieur-dans-monsieur, on n'est pas sectaire ici), on pourrait aussi bien se contenter de la levrette ou de l'amazone.
Ouais…

Sauf que je pourrais encore vous attaquer pour tentative de contrefaçon.

OuistitiSex4_2
Pfff, là je gagne au moins 20 000.

Jeudi.
Bande son : les Ramones "The Crusher"
Un jour je serai Maître du Monde.

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27 février 2008

Malédiction

J'ai réussi à réparer la chaudière.

J'avais un doute mais maintenant j'en suis sûr : le destin est contre moi.

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26 février 2008

La vengeance est un plat qui se mange froid

A partir de vendredi, y'a 4 filles qui arrivent à la maison pour passer le ouikaine, et pendant trois jours je vais être le seul garçon. T'as tout compris : ça risque d'être ma fête. Parce qu'au cas où t'aurais jamais expérimenté, dans pareille situation y'a chez les filles une sorte d'instinct grégaire qui les fait se rassembler entre elles, et prendre pour cible l'étranger, celui qui leur ressemble pas ; bref l'homme.
En plus si j'ajoute que dans le lot, y'en aura deux qui préfèrent les filles, tu peux déjà imaginer à quel point, y'a des chances que quand elles parlent du garçon (moi), elles fassent semblant d'oublier la cédille.

On pourrait se demander pourquoi elles sont comme ça. Franchement, j'en sais rien... Sûrement pour se venger du fait que nous, quand on a mal au ventre, c'est juste parce qu'on a mangé des trucs pas frais. Ou alors que même si on s'en foot, on a tout compris à la règle du hors-jeu la première fois qu'on nous l'a expliquée, qu'on sait changer une roue sans appeler Europe Assistance et que dans pas mal de régions du monde, les hommes persécutent les femmes.

Attends ! Mais moi j'y suis pour rien hein ! Faut pas tout me mettre sur le dos non plus. Et même, les salaires inférieurs à travail égal, les douleurs de l'enfantement, la difficulté à trouver un bon coiffeur ou les travaux ménagers, tout ça j'étais contre. Alors pourquoi vous voulez me le faire payer ?

Mais comme pour confirmer ce que je te disais sur mon dernier billet, il faut toujours faire confiance au destin. Et aujourd'hui, Allah Akbar ! (et même tant que j'y suis, Al-lez Lou-ya !), l'heure de la vengeance a sonné : elles vont enfin comprendre à quel point, un homme c'est utile. Ouais parce que la chaudière vient juste de tomber en panne. Et comble de bonheur, alors qu'ici pendant 15 jours il a fait dans les 18 degrés, depuis ce matin on dirait que l'hiver est revenu.

Bien sûr comme c'est majoritairement des malfaisantes, je suis sûr qu'elles vont imaginer que je l'ai fait exprès. Pourtant je suis certain que vous serez d'accord avec moi : à part leur proposer de dormir tous ensemble, et même si à 6 dans un lit ça peut paraître beaucoup, je vois pas d'autre solution.

Bon ben me reste plus qu'à aller acheter des vitamines.
(Ou appeler un ami)
(Ou demander un 50/50)

Mardi.
Bande son : Fedayi Pacha "Space Bedouin" (vas-y, mets le son à fond et fais remuer ton nombril)

Plus que trois jours pour "Elevate my sex drive to new level".
(Heureusement que sur Internet, j'ai aussi des amis. Merci à toi, Parson Z. Philip Juncon)

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18 janvier 2008

Plan de carrière

Si je fais bien le compte, ça fait presque un mois que j’ai pas travaillé. Je suis parti en vacances le 21 décembre et je suis revenu le 3 janvier, juste pour un jour, pour tomber ensuite dans cette grippe bizarre qui m’a causé peu de fièvre mais des troubles de l’équilibre assez flippants. Ca doit être pour ça que j’ai du mal depuis lundi. Ou alors c’est autre chose, vu qu’avant les vacances, ça me faisait déjà le même effet : j’en avais marre d’aller bosser.

En fait ce que je voudrais c’est laisser tomber mon taf. Et me trouver une autre activité. Tiens m’occuper de la femme qui vit chez moi ça me plairait. Genre je serais un homme au foyer.
Tous les matins, je me lèverais avant elle, je passerais en vitesse à la salle deub’, pour être sûr d’être frais et pimpant, pour qu’elle me trouve beau à son premier regard. Pendant qu’elle prendrait sa douche, je lui préparerais un bon petit déjeuner. Et je l’embrasserais pour lui souhaiter une bonne journée. C’est important les baisers, faudrait bien lui montrer à quel point je suis amoureux.
Ma matinée, je l’occuperais à des trucs utiles : cuisine et ménage. D’abord parce qu’en tant qu’homme au foyer, je considèrerais que c’est une règle d’or de lui préparer des bons trucs, des trucs faits à la maison, pas des boites. L’après-midi, j’irais peut-être faire un peu les boutiques avec quelques copines, histoire de confronter nos idées mode-beauté. Et le soir, je l’attendrais patiemment pour qu’elle me trouve à la maison dès son retour du boulot. Là je lui ferais un massage des pieds et du cuir chevelu pour qu’elle récupère du stress de la journée. Ou alors je me frotterais contre elle pour lui faire comprendre quand je suis toute chaudasse et que je suis tout disposé à lui donner de ces merveilleux orgasmes qui la rendent dingue de moi.

Ah ! Ca serait bien ! Plus tous ces cons à supporter au boulot. Et puis enfin une vraie mission d'importance : m'occuper du bonheur d'une seule personne.

Et puis un jour, elle me paraîtrait un peu distante, de moins en moins présente quand on est ensemble, avec dans l’œil comme une trace d’ennui. C’est là que je me rendrais compte que je lui suffis plus. Je me demanderais si elle me trouve un peu planplan. Ou si elle me trompe. Alors je ferais mon enquête. Pis j’aurais la certitude que c’est avec Machin, son secrétaire si zélé. Mais quel connard celui-là !
Alors comme s'en prendre à son rival sémieu, je me demerderais à trouver son numéro de téléphone et puis je l’appellerais chez lui pour le faire flipper. Ou alors j’irais lui crever les pneus de sa bagnole la nuit. Ou mieux, j’irais l’attendre à la sortie du boulot et devant tout le monde, je lui sauterais dessus pour lui tirer les cheveux. Et lui griffer les joues.

Et je récupèrerais ma femme.
(et casse toi connard)(salop va !) (et n'y reviens pas sinon chteutu !)

Bon bien sûr, pendant quelques temps, toutes les fois où y’aurait de la tension entre elle et moi, je lui reparlerais de "son connard". Et tiens, prends ça dans les dents.

Mais en vrai, je m’en foutrais.
De toute façon c’est elle que j’aime.

Cate_Blanchett_032
Oh ça va Cate ! Pas la peine de gueuler.

Vendredi.
Bande son : Gwen Stefani Vs ZZ Top "Hot Rich Girls Dropped In A Grange"
Ouais je sais, ils sont bizarres.

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16 janvier 2008

Guide Michelin

Tu vois, si j’avais un blog super influent, j’en profiterais pour me faire inviter partout et me faire envoyer plein de cadeaux qui me serviraient à rien. Tiens par exemple, j’ouvrirais une chronique qui te parlerait des bonnes adresses dans lesquelles je suis allé manger. La célébrité venant, je serais reçu comme un pape dans tous les restaurants, comme un convive craint et respecté.

Ça serait pas comme samedi dernier.

Déjà pour commencer, on serait pas entré dans ce resto par hasard, juste parce qu'on savait pas où manger et on n'aurait pas découvert, cette grosse usine à bouffer sans âme. Ensuite le serveur nous aurait pas installé en fond de salle "parce que c’est déjà tout réservé", à côté de ce groupe de djeunz’ super bruyants qui devaient fêter le dépucelage de la plus vieille d’entre eux. Et puis il nous aurait sûrement offert l’apéritif en prévision de l’attente, pour nous faire patienter. Les gésiers confits de la salade périgourdine n’auraient pas été trop durs, la viande aurait été cuite juste comme il faut et pas froide à l’intérieur. Et d’ailleurs, le steak aurait eu meilleur goût que ceux qu’on mange habituellement à la cantine. A la fin on m’aurait apporté un vrai plateau de fromage et pas juste un morceau de brie à peine sorti d’un emballage plastique et une superbe corbeille de fruits au lieu d’une orange qui avait jamais dû voir le soleil.

Et puis surtout, à la fin on n’aurait pas été obligé de réclamer l’addition trois fois "oui oui, on vous a pas oubliés".

Tu vois, si ça se trouve, on aurait même payé.

Mercredi, je suis un exemple pour les gosses.
Bande son : J'aurais bien remis "Run baby run", mais y'a encore des malfaisants qui vont me dire que c'est pas wack'n'wall.
Par émile si tu veux, une adresse de resto à Bordeaux. OK la bouffe n’est pas terrible, c'est vrai... Mais au moins c’est pas cher. Genre gratuit.

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27 décembre 2007

A fond, à fond, à fond

Tu te souviens il y a quelques temps quand je te racontais mes exploits en snowboard ? Vu comment j'avais été mauvais, jamais j'aurais pensé avoir une progression si rapide. Faut dire là, j'avais tout l'équipement : les gants, le bonnet en polaire, le tricot de porc en laine qui gratte tellement que tu crois que t'as des bêtes, plus l'anorak. Bref tout un tas d'épaisseurs pour se protéger du froid (ouais, ce jour-là, même mes poils frisaient) et des chutes (c'est comme à moto, tout est dans le rembourrage).
Par contre, j'avais oublié la planche de snowboard. Et y a pas à dire, sans la planche c'est plus facile.

Donc en cliquant juste en dessous, tu vas pouvoir assister à une descente magistrale, avec deux courbes pour la beauté du geste puis un grand bout droit, tout schuss pour le frisson.

Alors ? T'es pas impressionné ?

Jeudi.
Bande son : Joe Satriani "Surfin' with the Alien"
T'as d'jà eu deux kilos de sable dans la bouche ?
Ben chte le conseille pas.

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19 décembre 2007

Une autre histoire de Noël

Tu vois dans mon quartier quand j’étais gosse, y’avait une sorte de tradition : le jour de Noël, pendant que les parents devaient se maudire d’avoir trop bouffé, tous les gosses des maisons alentours se retrouvaient pour aller faire briller leurs nouveaux jouets.

Donc ce jour précis, on était tous dans la rue à faire les malins avec nos cadeaux de Noël. Un sa voiture téléguidée, Poupoutte avec son arc et ses flèches en plastique, une petite sœur avec sa poupée qui dit Papa avec la bouche, (qui dit merci quand je la touche).
Moi, je m’en souviens comme si c’était hier (tu vas voir pourquoi), j’avais eu un jokari. Alors pour ceux qui savent pas à quoi ça ressemble, c’est un jeu de plein air constitué d’une balle rebondissante, attachée au bout d’un loooooong élastique que tu fixes au sol par une base bien lourde. Et deux raquettes en bois bien épaisses, pour taper dans la balle comme un sourd, ce qui a pour effet, après l’avoir propulsée à au moins 12 kilomètres 30 mètres, de te la renvoyer encore plus vite, pile dans la tête.
Ou dans les yeux de ton adversaire, quand tu commences à maîtriser.
Ouais faut te dire que dans mon quartier, on versait déjà dans le grand banditisme, du genre qui met un gros caillou dans les boules de neige.
Et qui finit parfois aux urgences.

(Hey ! Vas-y Poupoutte ! Fais une tête ! Fais une tête !)

Bref, jouer au jokari, c’était aussi naze que jouer à la Wii. Sauf que t’étais dehors à respirer le bon air qui fait les joues roses. Et accessoirement à apprendre la dure loi de la vie.
(Ce qui fera de toi un jour une sorte de grand fauve à la démarche féline).

Pis y’avait aussi le petit Martinez. Avec un déguisement de motard de la police.
(Je crois qu’il avait un goût spécial pour les uniformes. Ça m’étonnerait pas qu’en grandissant, il soit devenu gay).
Donc le blouson et le pantalon noir qui brillent, la ceinture blanche bizarre avec l’étui pour le flingo en plastique qui tire des amorces. Et surtout un PUTAIN DE CASQUE BLANC !
Bon OK sur son casque y’avait un gros décalc’ "Police". Mais comme tu te doutes bien que dès que j’ai su faire du vélo sans les petites roues, j’ai voulu embrasser la carrière de cascadeur à moto, tu comprends bien que son casque, y’m’faisait kiffer grave. C’est pour ça que je m’imaginais déjà décoller le décalc’ pourri et y dessiner une tête de mort.
Ou un Groquik j’étais pas bien fixé.

Bref, je tenais plus en place.

- Hey Martinez ! C’est un vrai ton casque ?
- Evidemment que c’est un vrai ! Tu me prends pour qui ?
(Rah putain ! C’est un vrai casque ! Je veux le MEME !!!)

Sauf que malgré son assurance de mioche qui fait le malin, je trouvais quand même bizarre, que son "vrai casque" puisse être fait en plastique aussi fin qu’une feuille de papier. Et moi, je voulais du solide pour mes cascades. C’est pour ça que je lui ai demandé.

- Je peux taper dessus avec ma raquette pour voir ?

Ben c’est là que tout a basculé. Parce que Martinez, il savait pas que je connaissais mal son expression favorite, qui en répondant "Essaye", voulait en fait signifier que "T’as pas intérêt, paske sinon ça va chauffer pour toi".

Alors moi tu comprends, comme il avait l’air sûr de lui, et qu’en plus il m’y avait autorisé, ben j’y suis allé franco. Et puis comme il était plus vieux et plus grand que moi, j’ai pris un pas d’élan pour réussir à atteindre sa tête. Et j’ai tapé de toutes mes forces de gosse de huit ans avec la tranche de ma raquette de jokari.

guignol_02
Et paf dans ta face !

En fait msieur l’juge, je crois que c’est pour ça que son casque a éclaté en morceaux. Et qu’après s’être réveillé de ses 30 secondes de coma léger, il est rentré chez lui en pleurant sa mère.
(Ah ! Elle est belle la Police tiens ! On est bien gardés avec ça !)

Et puis du temps est passé.
Et le petit Martinez et moi, on a fini par se reparler. Même encore aujourd’hui, quand je le croise par hasard dans le quartier de mon enfance.
Mais bizarrement, à peine bonjour-bonsoir.

Mercredi, jour des gosses.
Bande son : Black Rebel Motorcycle Club "Whatever Happened to My Rock'n'Roll"
Bon, P Martinez, si tu lis ce post, on fait la paix ?

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28 novembre 2007

Unisexe

En fait, en réfléchissant à nouveau à Maryse, j’ai fini par me dire que tout compte fait, ça m’aurait pas vraiment dérangé de porter un prénom unisexe. Camille par exemple ça m’aurait bien plu. Voire carrément un vrai prénom de fille. Genre… Sophie. Ou Claire tiens. C’est pas mal ça Claire, même si il parait que je le suis pas toujours. Julia aussi ça aurait été bien. Même si ça fait pas très viril.

Mais c’est pas grave, parce que c’est pas ça l’intérêt. Non le truc bien quand t'es un mec qui porte un prénom de fille, c’est que ça doit être vraiment pratique quand tes copines ont déjà un garçon. Imagine la scène.

- Chéri. Cette après-midi, je vais passer un peu de temps avec Julia !
Je suis sûr, le mec il relève même pas la tête de son L’Equipe.
- Oui oui vas y moumour. Amusez vous bien.
- D’accord. Fais nous confiance.

Ou mieux encore...

- Tiens Chéri, cette après-midi, je vais essayer de la lingerie avec Julia.
Là le mec, maximum il lève un sourcil en commençant à s’alimenter un cinéma intérieur à la David Hamilton.
Sauf que chez Hamilton, Julia, elle a pas de poils.
Enfin si…
Mais pas autant.

Y’a quand même un cas, où mon truc fonctionnerait pas, c’est avec les nanas de mes potes. Ben oué ! Quand elles leurs parleraient de Julia, tu penses que les mecs de suite il demanderaient "Quelle JULIA ?!!!"
Et que ça marche pas avec les nanas de mes copains, ça serait trop la louze.

Parce que pour moi, les nanas de mes amis, c’est sacré… Faut qu’elles y passent. C’est pas que j’aie le vice dans la peau. Non tu vois c’est un peu comme quand je suis obligé de boire dans le verre de quelqu’un

Ben je préfère que ça soit dans celui de quelqu’un que j’aime bien.

.

.

.

Julia_113
Non pas maintenant Chéri, là j'ai rendez-vous avec Julia.

Mercredi si tu le dis.
Bande son : the Cramps "She's Got Balls"
Ce post est spécialement dédicacé à mon pote Mézigues.
(Qui le lira sûrement jamais)
(Et c'est tant mieux)

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19 juin 2007

Un jour...

... faudra bien que je m’occupe de ma maison. D’autant plus que maintenant, y’a une fille qui habite chez moi. Et les filles il parait que c’est pas trop des êtres abstraits ; il leur faut du concret genre confort, plaques vitrocéramiques et placards avec la lumière qui s’allume toute seule quand tu ouvres la porte et des étagères pour la collection des mille chaussures et des tringles à cintres et un diffuseur à parfum pour que ça ressemble toujours à un printemps senteur sauvage dans tes fringues. D’ailleurs à ce stade, de finition, on dit même plus un placard, on dit un dressing, sûrement comme dress. La preuve que c’est bien prévu pour y mettre des robes. Ou alors c’est parce que si tes gosses sont pas sages, tu peux les enfermer dedans pour les dresser.
Pourtant les filles sont des humains comme les autres mais elles aiment bien se compliquer la vie, il faut que tous les détails soient parfaits.

Moi je suis un garçon alors ma maison je l’aime bien comme ça. C’est le genre maison de ville qu’on voit dans les films. Mais pas une maison toute nickel comme dans Desperate Housewives. Non la mienne c’est plutôt comme dans Fight Club. Avec les robinets qui fuient, l’électricité qui marche pas dans toutes les pièces et dans la salle de bain suffisamment d’humidité, pour que les jours où il pleut, tu vas pas me croire mais c’est vrai, y’a des escargots qui remontent du jardin par le tuyau d’évacuation, jusque dans la douche. Ensuite ils essayent de s’échapper par les murs en slurpant sans relâche avec encore plus d’application que Clara Morgane. Puis ils finissent par mourir parce que c’est pas bon de lécher autant de peinture. Après ils sèchent. Mais comme chez moi les plafonds sont à 3m50, ben j’ai la flemme d’aller les décrocher. Alors ça fait une déco bizarre, comme un cimetière vertical de vieux males solitaires escargots. Mais promis un jour je remédierai à ça hein ! Je prendrai mon courage à deux mains et pour faire moins triste, j’irai peindre les coquilles à la gouache de couleur.

Et puis dans ma maison, y’a une pièce étrange avec une porte normale et une seule fenêtre qui donne pas dehors mais DANS la cuisine. C’est parce que du temps des précédents proprios, la maison a eu une extension. Du coup, elle s’appelle la pièce sombre. D’ailleurs Miss Ex, ma fiancée d’avant, avait fini par me dire que cette pièce, c’était l’équivalent dans ma maison de la part sombre qui est en moi. Comme un truc inavouable. Pourtant je vous jure, elle a beau être sombre, JA-MAIS je suis allé m’y planquer pour mater des photos de pingouins nus.

Y’a aussi la chambre qui est toute bizarre. Elle est au-dessus du garage, ce qui fait que même dans mon lit, je suis sur mes motos. Comme le radiateur qui la chauffe est trop petit et qu’elle est sous le toit, l’hiver il peut faire à peine 7 ou 8 degrés. Et le record de l’été, pour le moment c’est 44. Pour simplifier, c’est une chambre qui rend amoureux l’hiver et pas trop l’été. Elle a une jolie fenêtre en œil de bœuf, qui donne sur la rue et le champ humide des militaires et l’été quand tu l’ouvres pour faire un coulis d’air frais, tu t’endors au milieu du chant des crapauds.

Et puis y’a la porte d’entrée, une immense en fer forgé art déco mais qui s’ouvre plus parce que le bas a rouillé et que le métal en gonflant coince sur le carrelage du couloir. Et comme elle pèse au moins 300 kilos, pour la réparer faudrait que j’appelle les américains. C’est pour ça que je rentre chez moi en faisant le tour de la maison, directement dans la cuisine, c’est vachement plus convivial et monsieur le facteur, je vous offre un apéritif ?

Pour finir, il y a aussi le jardin avec des bambous partout, des pieds de sauge qui guérit de tout, des rosiers qui poussent seuls, des daturas aux immenses fleurs jaunes qui l’été sentent extrêmement fort et bon, de la vigne, un figuier et tout un tas d’autres plantes, dont je connais même pas le nom et qui mènent leur vie sans moi. C’est ce qu’on appelle un jardin de curé. D’ailleurs ce jardin, à part quand j’y plante une nouvelle, je l’arrose jamais. Ça l’encourage à enfoncer leurs racines bien profond pour aller chercher l’humidité, là où elle est. Et puis ça aide la sélection naturelle, les moins débrouillardes meurent assez vite.

Et je vous ai pas parlé des toilettes, des combles qui servent de pouponnière à araignées et du garage si mal rangé que même si le petit président l’avait vu avant les élections, pour la première fois pendant sa campagne, il aurait dit que désolé, là je peux vraiment rien faire.

Finalement, il aurait enfilé ses chaussures de jogging.

Jeudi ?
Bande son : une chanson à texte, "MErde iN FrAncE" de Jacques Dutronc.

Eh watching you t'as fraoute les roubloutes
Canapé bidet à coudre
Merde in France (cacapoum cacapoum)
Eh watching you t'as fraoute les (cacapoum cacapoum)
Watch euh me again
Même triple again
Merde in France (cacapoum cacapoum)

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