Résumé du bordel ambiant

Les gentils garçons marchent à pied et vont au ciel. Les mauvais garçons roulent à moto et vont partout. Donc... La vie et la mort, les femmes et la coiffure, le sexe et la moto. Mais aussi le dessin, les cerfs-volants et la mer. (Et la brouette javanaise

07 décembre 2009

Quelque part, juste là

Encore une fois, c'est un mélange de hasard et d'associations d'idées qui m'y a mené. Tout a commencé par cette photo prise devant un mur taggué il y a 20 ans et devenue mondialement célèbre depuis, grâce à notre guide à tous (gloire à toi, ô spirituelle trans-luminescence ; que ta route soit toujours pavée de fleurs et tes pets délicieusement parfumés).

Quelques heures seulement après la polémique, l'Internet mondial de France était inondé de montages photos plus ou moins bien réussis ou de fausses déclarations historiques. Il était là lors de la prise de la Bastille, il a trouvé le feu en tapant deux silex, Albert Einstein lui a demandé conseil pour sa théorie sur la relativité, etc. etc. Tu me connais, il a fallu que j'y ajoute mon grain de poivre. Alors j'ai écrit ailleurs, qu'il était là aussi, la première fois que j'ai fait l'amour, que c'est lui qui m'indiquait comment m'y prendre et que grâce à son aide, la jeune femme en avait retiré grand plaisir. J'ajoutais qu'aujourd'hui encore, rien qu'en y pensant, elle était submergée par des orgasmes aussi soudains que dévastateurs. Évidemment je mentais, ça ne s'est pas passé comme ça.

Mais j'ai pensé à elle, LA femme initiatrice qui invita dans son lit l'innocent que j'étais.

J'y ai pensé souvent pendant toutes ces années. Chaque fois que je passais dans sa petite ville, espérant la croiser un jour, partager un café en terrasse, m'amuser gentiment de sa folie douce. A certaines périodes j'ai même envisagé la chercher vraiment et tenter de la séduire pour de bon. Je l'ai vue bouger et entendue me parler en relisant ses cartes postales un peu décalées et son écriture bizarre qui demandait "comment tu la trouves celle-là ? Elle est belle non ? J'en ai acheté cinq ou six, que j'ai envoyées à tous mes amants…" Même le jour où j'ai posté ça, je me suis demandé si ça l'amuserait elle aussi de se moquer de ce jeune nigaud. Et j'ai souvent songé à elle parce qu'en m'offrant ce que tous les hommes attendent un jour, ce cadeau qu'on ne peut donner et recevoir qu'une seule fois, elle a une place particulière qu'aucune autre ne pourra plus jamais avoir. Quelque chose de spécial qui l'a faite entrer dans le tendre sérail des femmes uniques, où flânent aussi nos mères et j'imagine celles de nos enfants, les grand-mères à la peau fanée et celles qu'on aime ou qui ont compté.

J'étais devant mon écran. Je me suis dit que ça serait amusant d'essayer de la retrouver et de lui écrire. Un syndrome "copines d'avant" probablement. Et puis ça ne serait pas trop difficile avec son nom pas courant. Elle n'était pas sur FB mais ça ne m'a pas étonné d'elle, la rebelle à tout. Alors je l'ai cherchée aussi sur Google. La première réponse renvoyait vers l'adresse d'un club de foot local, dont le siège est situé dans sa ville et dans une rue homonyme parfait de ma jolie infirmière. Ça ne m'a pas fait réfléchir plus que ça.
Ce n'est que sur la deuxième page que j'ai trouvé un lien qui amenait à un document sur lequel j'ai lu "C.M. infirmière à l'hôpital de X est décédée le xx/xx/xxxx".

Il y a des années, à un âge que j'ai dépassé depuis longtemps, elle disparaissait d'ici.
Mais dans le tendre sérail, finalement elle est toujours là.




Je ne sais pas où je finis, où est le bout du temps ?
Où m'évanouis-je, en quel amour chaud brûlant ?
Où va l'esprit et où se jette le bout du corps ?
En quel océan et au départ de quel port ?

Perdus dans Tes cieux, on ne s'accroche à rien.
Les hommes au milieu, entre hier et demain.
Dieu, tu laisses à désirer et nous prêtes à croire
Que de la tête aux pieds, nous sommes du hasard,

Du joli hasard

Romain Humeau

Lundi.
Bande son : Eiffel "Nous sommes du hasard"
Vendredi soir, en concert ici.

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28 octobre 2009

Demolition Man

Salut l'invisible.
Si je t'écris pas beaucoup, c'est que j'ai une raison qu'il faut que je t'explique. Depuis début juillet, ici c'est Londres. Pas le Londres des dépliants touristiques non. Plutôt celui pendant la guerre sous les bombardements allemands. Au début les plafonds sont tombés, ensuite les cloisons. Puis un plancher a été fabriqué, la toiture isolée et des gaines électriques tirées dans tous les sens (les cochonnes). Et c'est pas fini. Là tel que tu me vois pas, j'installe un chauffage central tout beau avec l'aide de mon petit frelu. Et je monte des cloisons dans le premier étage construit dans la toiture. Sur plusieurs niveaux, parce que j'aime bien quand tout n'est pas à la même hauteur. D'abord plein de marches, de recoins tortueux et de petits escaliers dans tous les sens, c'est bien pour faire du sport. Ensuite ça surprend toujours les amis qui font le tour du proprio la première fois (*). Et je pense que ça me surprendra moi-même, quand les nuits de fête païenne par exemple, je me lèverai à 5 heure du' pas encore dégrammé, pour aller aux toilettes.
Mais qu'est-ce que tu veux ; j'ai toujours aimé l'aventure.

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Chez Yoj' : le salon

Et puis, tous ces travaux, ça demande beaucoup de temps. J'ai bien essayé la magie, en me la jouant Ma Sorcière Bien-Aimée (pour les plus jeunes, une sorte d'Harry Potter mais dans une version femme au foyer). Mais même si de nombreux témoignages écrits à côté de baisers au rouge à lèvres semblent affirmer le contraire dans mon livre d'or, je suis assez peu doué du coup de baguette magique. Malheureusement les travaux avancent plus vite quand j'enfile mon déguisement de travailleur esclave du bâtiment, c'est-à-dire 12 heures par jour à des cadences infernales, mes épaules musculeuses habillées d'un marcel en coton blanc. Et un jean élimé qui laisse probablement apparaître la raie de mes fesses quand je me penche en avant.
(C'est bon, si tu viens de le ruiner, tu peux mettre sur PAUSE et aller changer ton string).

Mais travailler avec des outils de Cro-magnon, le marteau et le burin à la main, ne m'empêche pas de réfléchir de la tête. La meilleure preuve c'est qu'en tapant sur un clou qui récalcitrait, j'ai eu une triple révélation. D'abord j'ai réalisé que le doigt écrasé c'est assez douloureux. Ensuite regardant mon ongle tout mâché, j'ai pensé à nous, tous les broyés par la machine à fabriquer du médiocre qui tapinent sur les trottoirs du laborieux juste pour la nourrir. Et c'est pile à ce moment là que j'ai trouvé comment dès bientôt on pourra inverser cette course en avant qui mène le monde soit dans le mur, soit au mieux nulle part.

Je t'en parlerai une autre fois, parce que là, faudrait vraiment que je finisse d'installer ce chauffage qui commence à me faire défaut.
Mais t'inquiète, j'ai un plan.

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Dans la salle de bains : le porte-savon.

Mercredi ?
Bande son : Eiffel, "T'as tout, tu profites de rien".
(*) Ca doit être tellement surprenant que figure toi que j'ai été interviewé par le journaliste d'un magazine consacré à l'habitat-fait-avec-ses-mains. Donc si tu veux voir ma bougie, ma maison ou mieux mon jean élimé, tu peux toujours acheter le prochain numéro des Castors de l'Ouest. C'est bizarre, mais c'est son nom.

(Mais tu seras gentil de pas en tirer de conclusions désobligeantes sur la forme de ma queue).

Posté par Yojik à 20:56 - Yojik est un blaireau - Commentaires [35] - Permalien [#]
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15 octobre 2009

Un mois sans rien te dire

La nuit dernière, j'ai marché sur un crapaud. Ou une grosse grenouille, je voyais pas grand chose, il faisait noir. Mais comme j'étais dans un quartier de la France d'en bas, je penche plutôt pour le malabar monstrueux avec une grande bouche Arielle Dombasle Style et des pustules partout. Parce que tu vois, j'ai toujours pensé que les jolies rainettes aux jambes longues et fines, ça préfère arpenter les beaux quartiers. C'est malheureusement la conception que j’ai du monde et de la non répartition des richesses, de la beauté et du glamour. Et si personne n'est d'accord avec moi, c'est pas grave, ça me dérange pas d'avoir raison tout seul.

Mais je ne développerai pas davantage  mon analyse socio-politique de haut vol pour te rassurer le plus vite possible : le crapaud va bien.

Bon c'est vrai, quand j'ai posé ma Timberland® dessus, il a fait un drôle de bruit. Pas un craquement sinistre d'os brisés mais le même sifflement que le pouic-pouic de mon chien. Alors j'ai vite soulevé mon pied et j'ai vu le machin plat comme un pneu dégonflé se sauver dans les herbes hautes de la pelouse mal taillée.

Je me souviens y avoir vu un signe. Le pire c’est que je me souviens plus du tout lequel.
Faudrait vraiment que je pense à prendre des notes.

Sinon, j’ai une maison à reconstruire, des milliers de trucs à faire et un boulot qui m’ennuie de plus en plus. Je vais peut-être démissionner et répondre à cette annonce.

Publiée le 09/10/2009 à 19:01:27 dans Bons plans
A la tête du Conseil d'Administration d'un Etablissement Public, vous menez aux destinées du premier quartier d'affaires d'Europe, rassemblant 150 000 emplois et 200 000 habitants.
Vous supervisez le processus d'appels d'offres truqués et de dessous de tables liés à l'extension de 300 000 m² SHON de l'offre en bureaux, en maintenant au mieux les relations avec les entreprises amies.
Vous disperserez toute critique concernant le déséquilibre induit par l'extension infinie de la Défense au détriment des autres pôles d'emploi d'Ile de France, en ne tenant aucun compte de la dégradation des conditions de desserte en transports en commun.
Vous disposerez dans vos missions d'un budget confortable d'1,3 milliard d'euros par an fourni par l'Etat, sur lequel vous aurez toute latitude en ce qui concerne les postes budgétaires 'notes de frais'
Votre profil : Diplômé du Baccalauréat, vous ne disposez d'aucune expérience professionnelle. Des notions élémentaires de Droit seraient bienvenues, même si vous redoublez sans arrêt la fac.
Rémunération motivante, nombreux avantages en nature.

Bon OK, j'ai même pas mon BAC. Mais avec un bon piston, ça devrait pouvoir quand même le faire.

Posté par Yojik à 14:28 - Mon blog de naze - Commentaires [17] - Permalien [#]

03 septembre 2009

C'est la rentrée. Prenez vos grands cahiers à petits carreaux...

Calcul de probabilités

Un jour ensoleillé dans une ville d'environ 250 000 habitants, prendre deux spécimens en mouvement. L'un se déplace à pied, l'autre à vélo. Aucun d'eux ne porte un signe distinctif permettant à l'autre de le trouver : pas de carton à dessin, pas de tee-shirt avec une tête de citrouille, pas de téléphone, pas de fleur à la boutonnière. Avec d'autres personnes qui participent aussi à une chasse aux trésors appelée Carte aux Croûtes, ils ont rendez-vous à midi en un point très repérable de la ville.

Premièrement
Déterminez la probabilité pour qu'une heure avant, alors que l'un des deux spécimens est installé à la terrasse d'un café à un kilomètre du point de rendez-vous, l'autre passe dans la même rue sur son vélo.

Deuxièmement
Une fois ce calcul effectué, déterminez par le raisonnement, la probabilité pour qu'à ce moment précis, les deux spécimens s'identifient du regard en un instant, alors qu'aucun des deux n'a jamais vu l'autre, pas même en photo.

 

            - Choule ?
            - Yojik ?

 

Il y a des rencontres qui ne peuvent s'expliquer.
Celle de lundi en fait partie.
Et elle m'a tout autant ému que les cadeaux que nous avons échangés.

 

Que la route te soit toujours belle, irremplaçable Choule.

choule_03



Yoj_076_05

Jeudi
Bande son : Izia "Back in Town"
Pad Thaï et café noir.

12 août 2009

Tendu des tongs

A mon avis, y’a eu un moment où ça a merdé, un truc que j’ai pas compris ; comme une différence culturelle que j’avais pas identifiée avant. C’était y’a une quinzaine. J’étais allongé tranquille dans mon bain de soleil, les pieds au bord de la piscine gonflable, en train d’admirer mon yacht balancer mollement sa croupe dans le magasine Voile et Voiliers, quand tout a coup j’ai entendu la voix de svelte Anna, une beauté slave de la banlieue Est, en vacances chez moi.

Ca te dirait que je fais à toi un massage des pieds mon Yojikoun’ d’amour ?
(Oui je sais, elle ne parle pas encore très bien la France, malgré tous les cours de langue que je lui donne).

Évidemment, j’ai pas refusé. Parce qu’un massage des pieds, Je sais pas si t’en as déjà eu un : c’est le bonheur Total. Mais sans la marée noire.

Alors elle m’a demandé avec son charmant petit accent, si je voulus le complet aussi, que après je suis être très détendu, et que ma vie elle va être bouleversée si personne il l’a jamais fait à moi.
Purée mais oui Svelte-Anna, te gène pas ! (j'allais justement te le suggérer)
Surtout que tu me connais, le complet j’imaginais déjà que c’était genre un massage de la plante des pieds, mais avec les tétons par exemple. Alors tu penses, je me suis laissé faire. Je parie que même toi t’aurais fait pareil.

Elle a d’abord commencé par me repousser les petites peaux, ensuite elle m’a coupé les ongles. Puis elle a attrapé une bouteille d’huile quelconque, (pas Motul, j’ai vérifié) et elle m’a massé les pieds, l’un après l’autre. C’est là que je me suis endormi.

C’est quand je me suis réveillé que j’ai compris que le complet, c’était peut-être pas ce que j’espérais. Surtout quand j’ai regardé mes pieds. Mais c’est sûr, ma vie est transformée. Depuis j’ai refusé toutes les invitations à la piscine, je ne porte plus jamais de tongs, et la dernière fois que je suis allé me coucher devant des gens, je suis rentré dans mon lit avec mes pompes.

Parce que franchement, je suis pas sûr que ce soit top-facheune.
Mais si ça se trouve, t’as un avis différent.

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clique si tu vois pas

Mercredi, c'est trooop bien les vacances
Bande son : le bruit du vent dans les bambous.
Non rien.

Posté par Yojik à 17:04 - Yojik a testé pour vous - Commentaires [51] - Permalien [#]
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