25 juin 2007
Aujourd'hui, j'avoue tout
Tu te souviens de la recette de mon chili ? C’était là. Bon je sais pas combien d’entre vous auront essayé de la faire pour de vrai. A mon avis, je dirais personne. Ben oui, c’est pas possible de passer ses soirées sur les blogs et de devenir une star des arts culinaires. A moins bien sûr que votre seule ambition dans la difficile discipline de la cuisine soit de devenir une reine de la décongélation. Et me racontez pas d’histoires, je vous lis moi aussi alors je sais que souvent vous sortez un plat-Cu du congélo, on enlève le couvercle, un coup de micro-onde parce que c’est-super-ces-barquettes-elles-sont-trooop-délires-tu-peux-les-y-mettre-direct, et paf, c’est servi, pas compliqué vite fait, t’as plus qu’à prendre ta fourchette et t’as même pas la vaisselle à faire.
Ben moi je pense que tant que vous y êtes, pour éviter d’avoir même à passer un coup d’éponge sur la table après le repas pour ramasser les miettes, vous devriez manger au dessus de la poubelle. Ou de la cuvette des WC...
Couvercle ouvert...
...Oui je sais ça va pas être facile pour toutes les obsédées du couvercle qui doit rester fermé.
Cela dit, moi aussi je sais que parfois on peut avoir envie d’un bon truc à faire vite fait. Donc je vous l’avais promis, voilà ma recette pour faire un chili en 20 minutes.
Alors tu coupes en rondelles un demi chorizo (fort, voire extra-fort). Tu mets tes lunettes de plongée, pis tu coupes 3 ou 4 oignons en rondelles aussi. Tu fais revenir cinq minutes dans une poêle à cul épais. Tu mets environ 4 petites boites de haricots rouges égouttés. Tu recouvres d’eau. Tu sales tu poivres tu y émiettes 3 ou 4 piments. Tu laisses bouillonner gentiment 20 minutes. Ensuite tu sers et tu te régales.
Bon bien sûr, c’est moins bon que l’autre chili, le vrai, l'authentique. Mais c’est plus rapide. D’ailleurs cette recette m’aurait bien servi si je l’avais trouvée avant cette aventure... J’avais invité une dizaine de potes à en manger, un traditionnel, que j’avais fait cuire au moins 5 heures à la cocotte en fonte. Le truc s’annonçait délicieux tellement ça bop-bop-bopait joliment sous le couvercle. Au dessus de ma gazinière, il y a une grosse hotte. Je venais de m’installer dans cette maison et j’avoue, j’avais pas nettoyé la hotte. A une demi-heure de l’arrivée des invités, je soulève le couvercle de la cocotte pour me régaler du nez…Et là... pof ! Sûrement un peu ramolli par la chaleur dégagée depuis 5 heures par le feu, tombe pile dans le plat, un paquet gros comme oeuf, de vieille graisse de cuisine qui devait se cacher dans le ventilateur. Là tu m’aurais vu tout affolé chercher une grosse spatule pour retirer la masse gluante. (Remarque t’aurais été là, tu m’aurais surtout entendu gueuler "merdemerdemerdemerdemerde"). Finalement, en 20 secondes, je trouve la louche qui va bien, je me précipite sur la cocotte je soulève le couvercle et là… plus de paquet de graisse. Evidemment, il avait disparu, fondu dans la sauce bouillante.
Là, je dois dire que j’ai hésité. Quoi faire ? Plus le temps de refaire un autre chili, les invités débarquent dans moins d’une heure. Leur offrir le restaurant à tous ? Euh non, c’est le banquier qui va faire la gueule. Finalement, j’ai goûté… et j’ai trouvé ça délicieux. Comme eux d’ailleurs… Même qu'ils ont trouvé ça trèèès gouteux genre "Mais t'as mis quoi dedans ? Un bouillon Kub ?"
- Nonon, c'est un secret de famille.
Mais aujourd’hui je culpabilise encore. Cela dit, c’était pas ma faute, la recette du chili rapide, je la connaissais pas. Et puis de toute façon ça risque plus d’arriver… j’ai plus d’amis….
Nan je déconne, j’ai surtout nettoyé le ventilateur.

Ouais enfin, c'est une image...
Lundi.
Bande son : Tito et Tarantula "Cucarachas Enojadas"
Pfff, chuis sûr vous allez faire des raviolis.
[Edit d'aussitôt] : Champo, range ton gun, c'était pas le tien...
22 janvier 2007
T'as fait quoi pour ce soir ?
Si vous leur demandez, tous mes amis vous le diront : parfois I’am a poor lonesome cow-boy.
Wé ! La vie de bohème, le goût des grandes étendues sauvages, la justice rendue à coups de bourre-pifs, les cigarettes roulées, tout ça, c’est bien moi. C’est vrai, il y a quelques différences : j’ai pas un Stetson mais un bonnet comme dans la téci, mon cheval a deux roues et est en fer, j’ai pas de flingue et je pense que mes ex vous le confirmeront sans problème : je suis pas du genre à tirer plus vite que mon ombre. Par contre, comme tous les cow-boys, je mange du chili con carne parce que c’est le plat simple par excellence. Quelques haricots rouges et secs sortis des sacoches cavalières, quelques oignons ramassés ça et là, et si vous avez un fusil, un peu de viande de bison (le bison c’est comme une vache super poilue et qui parle américain) ou une carcasse d’animal mort trouvée dans le désert, quelques épices bien strong pour enlever le goût un peu fort de la viande avariée et hop ! Le tour est joué.
Deux exemples de carcasses
Donc je vous l’avais promis, dans la série, "j’ai un blog bien comme il faut", aujourd’hui une recette de cuisine qui inaugure une nouvelle catégorie "Toi aussi mange des trucs chelous"
(Allez vas-y Yoj', je suis sûr que tu peux y arriver à avoir toi aussi un blog de bonne tenue. Pense au concours de Mister Canalblog 2008).
Donc, on va dire pour quatre personnes, je commence à acheter de 600 grammes à 1 kilo de bœuf à braiser ou de viande à bourguignon. Bon OK j’avais dit bison mais en réalité, je choisis plutôt du bœuf, (qui est parfois de la vache d’ailleurs, faut le savoir), pour deux raisons. D’abord parce que du côté de Bordeaux, le bison, c’est plus rare que dans les plaines du Faroueste. Ensuite parce qu’entamer un bison, juste pour 1 kilo de viande, ben vous je sais pas, mais moi je trouve que c’est un peu gâcher. La viande, je la choisis rouge foncée presque noire et persillée, c'est-à-dire, avec un peu de gras mais juste ce qu’il faut.
Ensuite, j’achète environ le même poids en oignons, et autant en haricots rouges. Si j’ai invité des morfales (Boub’ si tu me lis…), je mets un peu plus de haricots pour les étouffer. Si je le fais pour une Charlotte que j’invite pour la première fois, avec des projets à court terme de partage de lit, je diminue un peu la quantité de haricots. C’est plus prudent parce que voyez-vous, le chili c'est …
(’tain, ça a encore failli t’échapper ! ‘tain Yoj’ essaye de dépasser le stade pipi-caca. Pense au concours bordel !).

Un célèbre bloggeur motard en train de démontrer par l'exemple une utilisation astucieuse d'un des pouvoirs des haricots
Là encore, deux possibilités. Soit vous prenez des haricots secs, mais faudra les faire tremper au moins une nuit avant cuisson, soit pour pas vous cailler le lait, vous prenez des haricots rouges en boîte qu’il faudra bien rincer.
Puis je trouve 5 ou 6 petits oignons blancs, 2 ou 3 tomates, 3 œufs de poule, du paprika, des piments langue d’oiseau entiers et 1 ou 2 citrons.
Je commence par couper la viande en cube de 2 ou 3 centimètres de côté, en enlevant le gras le plus dur, mais en conservant le joli, parce que c’est justement ce gras qui va servir à lier la sauce.
Ensuite je balance les morceaux de gras… non pas dans la cocotte… mais dans le jardin pour les hérissons et les oiseaux. Ben oui ! Pas de raison qu’il n’y ait que moi qui me régale. Bon, si j’en avais un, je les donnerais à mon nécessiteux. Mais j’en ai pas. Paraît qu'y'en a pas assez pour tout le monde. Ah ! Moi chte dis, vivement que Nico soit au pouvoir !
Ensuite je pèle les oignons et je les découpe en rondelles pas trop fines. (Faut se rappeler : le chili est un plat rustique). Puis, je mets tout ça dans ma cocotte minute, je fais revenir les oignons dans de l’huile d’olive jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides, pas plus. Ensuite, j’ajoute la viande pour la brunir genre ta peau caramel ma précieuse quand tu reviens de la Martinique. Puis j’ajoute les haricots rouges, je recouvre d’eau, j’ajoute une grosse cuillère de gros sel. Puis les piments « langue d’oiseau », environ 7 à 9, que j’écrase un peu entre deux doigts de la main gauche parce que je suis droitier. Je ferme la cocotte, et je la laisse monter en pression. Ensuite, je baisse le feu et je laisse cuire une heure et quart à peu près.
Et le reste des ingrédients ? Ben c’est là que je m’en occupe. Dans trois bols différents.
Dans le premier, j'écrase mes œufs durs. Par-dessus, je rajoute quelques bonnes pincées de poivre.
Dans le deuxième, j'écrase les tomates après les avoir pelées et ébouillantées. Par-dessus, je rajoute du paprika et du piment.
Dans le troisième, je mets les petits oignons blancs coupés en petits morceaux et recouverts du jus des citrons.
Quand c’est cuit, j’ouvre la cocotte et je goûte la sauce et un bout de viande. Si ça manque d’ingrédient ou de cuisson, je corrige le truc. (viens par ici que je te corrige) Normalement, à l’ouverture de la cocotte, vous devez voir une sorte de sauce bien liée et très foncée presque aussi épaisse que du chocolat fondu. Souvent, à ce moment-là je suis tenté de le faire cuire une demie heure de plus. Ben faut pas hésiter. Plus ça cuit, meilleur c’est.
Pour servir, je remplis les assiettes, et chacun se sert ensuite des accompagnements. Pour le goût, les œufs poivrés ; pour les aventuriers qui aiment le piquant, les tomates pimentées, et si vous avez été un peu trop téméraires, les petits oignons citronnés pour vous calmer le palais votre Altesse. Et puis essayez, vous allez voir. Grâce à mon chili, tous les hommes voudront de vous et vous allez devenir belles et désirables. (Sauf bien sûr si vous en mangez 5 kilos par jour, auquel cas vous risquez d'être un peu moins bonnasses)
Bon et pour finir de vous aider, voici la FAQ que vous attendez tous. Bref, la foire aux questions.
magui : "Tu dis que tu fais des œufs durs. Moi je débute, tu peux m’expliquer comment on fait ?"
Ah ben ça Magui, si tu sais même pas faire les œufs durs, je peux rien faire pour toi. (T'as pensé à faire un deug cuisine ?)
Rocket : "En ce moment avec la ménagerie, chez moi c'est l'dawa, je sais plus où j’ai mis ma cocotte minute (non pas là). Et j'ai peur de pas la retrouver même en faisant le ménage et en y mettant le paquet (© Rocco Siffredi). Comment je peux faire ?".
C'est pas grave. Tu peux utiliser une cocotte en fonte en mettant de l'eau froide dans la partie supérieure du couvercle ou n’importe quel autre récipient au fond un peu épais avec un couvercle. Mais la durée de la cuisson doit être portée à 4 ou 5 heures et le feu doit être le plus faible possible pour que ça mijote le plus doucement possible. Pendant ce temps, tu trouves une autre occupation. (T’as d’jà tué un chat toa ?)
Nina : "Souvent les garçons me trouvent top-bonnasse. Pourtant j’ai un peu de mal à en trouver un qui ait l'idée de passer à la phase brouette. Tu dis que ton chili peut m’aider, je vois pas trop en quoi ?".
Bon cht’explique Nina. T’en fais 3 kilos. Tu invites un garçon à manger un bon chili "comme dans 37°2 le matin". Si tu veux, tu peux même ajouter "alors que moi quand je te vois, je suis plutôt à 50°C" (En même temps, tu clignes d’un œil en te passant la langue sur les lèvres, un doigt dans la bouche). Là normalement, le garçon il a compris. Après, tu lui en fais manger trop, et pendant sa digestion sur le canapé, tu passes à l’attaque et voilà. Qu’est-ce qu’on dit ?
MissPoulpi : "Estomac et Bouche sont tous les deux très excités à l’idée de manger ce plat typique. Mais Papilles s’inquiètent de la quantité de piment langue d’oiseau. Ont-elles raison ?"
En fait Papilles ont un peu tort. Evidemment, dans mon cas, les piments langue d'oiseau, ça chauffe un peu Langue. De plus en plus, au fur et à mesure que j'en mange sans que ça devienne intenable. Mais chez moi, celui qui s'en plaint le plus, c'est TroudBalle.
('tain Yoj ! Tu recommences. Pense à MisterCanalblog)
DameSaïda : "Albert me fait remarquer que ce plat lui parait bien compliqué à faire et me suggère de remplacer les haricots par des pommes de terre qu’il ferait cuire dans de l'huile bouillante et la viande à braiser par un steak qu’il ferait à la poêle. Est-ce possible ? (soupir… C’est de plus en plus difficile de trouver de bons domestiques. Il mériterait que je l’attache au radiateur. Re-soupir…)"
Oui DameSaïda. Il peut. Mais là il obtiendra plutôt un steak frites et ça ne sera pas ce que vous lui avez demandé. (Et n'hésitez pas à utiliser la manière forte pour lui faire entendre raison).
FéeKabossée : "Wow, Wow, Wow, ça a l’air bon à manger mais qu’est-ce que je peux boire avec ça ?"
Ben un vin rouge un peu fort c’est pas mal, comme un Médoc par exemple. Mais tu vas être contente, un rosé ça peut le faire tout pareil. Par contre, (je vais pas me faire des amis) les rosés en cubi qu'on boit dans ton pays, tu les mets de côté pour le jour où tu manges une salade de tomates en plein soleil.
Miro Carlo : "Je compte faire une soirée chili au bistro. Est-ce que je peux mettre mon déguisement de mexicain ?"
C’est pas que tu peux ! TU DOIS mettre ton déguisement de mexicain. Tu peux même te faire une fausse moustache au crayon noir pour avoir toi aussi l'air d'un vrai bandit viril. Et n’oublie pas ta bouteille de tequila ou de mezcal. Tu sais ? Celle avec le ver dedans. (Pour les jours de grande déchirure, je conseille même les tequilas paf, voire même pour les plus aventureux genre nous, les téquilas paf au champagne. Ça mousse encore plus mais là, faut prévoir l’aspirine pour le lendemain).
Tatiana : "Tu en fais psa en baruqettes congeleés que tu vendaris par corrrespondance ?"
Euh non, pas encore. Mais je vais y penser. (Et toi, quand est-ce que tu changes ton clavier saboté ? :-)
SoE : "Tu ne dis pas tout. Quid de l’effet cacodylique sur la sakièh de mes commensaux et le mesclun de mes satellites latitudinaires ?"
Chais pas SoE, je les connais pas, je peux pas parler pour eux. Mais personnellement, j’ai toujours pensé que la nature doit s’exprimer librement. Par exemple, ça m’a jamais dérangé une fille qui pète au lit.
(Purée Yoj' ! Le concours bourdaile !)
NicMo : "Je savais bien que les bœufs sont parfois des vaches. Mais une question me taraude la tête comme une armée de kangourous une lendemain de cuite. Est-ce que je peux en faire avec du taureau ? Qui comme chacun sait, est membré un peu comme moi".
Justement, j'ai essayé pour la première fois l'été dernier. Ben c'était exactement pareil. (Par contre, je passerai sous silence l'épisode douloureux de la cocotte minute qu'on savait pas fermer correctement et des plaques vitro qui chauffaient pas).
MadamedeKeravel : "Yojik mon trésor. Ce que tu ne sais pas, c’est que les oignons, que peut aussi écrire onions ou ouagnons me font beaucoup pleurer à cause des effluves qu’ils dégagent lorsque je les pèle (source Wikipédia, là). T’as pas un truc mon trésor ?"
Ben si justement, ils en parlent dans l'article. Moi je les pèle avec mes lunettes de plongée.
grrrumly : "Je voudrais bien en faire un avec cousin machin mais y'a un truc qu'on n'a pas compris [oui, lui aussi il est blonde]. Tu dis qu’on doit faire revenir les oignons. Mais il faut les faire revenir d’où au juste ?"
Alors là ! Franchement j’en sais rien. J'ai bien une idée en trois lettres genre DTC mais ça doit pas être ça.
(Tsss ! Yoj' ! ! !)
Lundi, pour une fois ça sera pas raviolis.
Bande son : Greenday "LetterBomb" (Parce que j'ai rien trouvé qui s'appelait BedBomb).
Une autre fois, je vous expliquerai comment faire un similichili en 20 minutes.