Résumé du bordel ambiant

Les gentils garçons marchent à pied et vont au ciel. Les mauvais garçons roulent à moto et vont partout. Donc... La vie et la mort, les femmes et la coiffure, le sexe et la moto. Mais aussi le dessin, les cerfs-volants et la mer. (Et la brouette javanaise

01 mai 2009

Volte Mort


Si l'on revient d'entre les morts
S'immoler avec deux accords,
Au moment où l'âme touche le corps
Une nouvelle vie prend son essor.

Elle se transforme en météore
En arc en ciel multicolore
En rosée sur un bouton d'or
La pluie... Le vent souffle fort,

Je mords...

Jad Wio

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yojikDelPrado



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01 octobre 2008

V pour Vendetta

T’es déjà sorti avec une folle ?
Moi oui. Même que c’est en ce moment. Et je peux te le dire : c’est pas tous les jours facile.

Tu veux une preuve ? OK, je te raconte.
Ça s’est passé jeudi. Je devais aller faire les courses parce que dans le frigo, ça commençait de plus en plus à ressembler à… je cherche une image là… la banquise ? ouais la banquise. Froid et désertique. Et blanc immaculé aussi. Enfin, si on fait abstraction des taches laissées par une aubergine morte de vieillesse dans le bac de toutenbas.

Mais tu sais, la fille n’est pas un être simple.
T’as bien dû t’en rendre compte puisque t’en es une toi aussi. Même t’en souffres si ça se trouve. Donc la fille qui n’est pas un être simple me dit tout à coup, qu’elle va me faire une liste de courses détaillée et me l’envoyer par mail au boulot, parce qu’elle en a un peu marre, quand c’est moi qui vais chercher de quoi, que je revienne avec 5 pots de pesto et 12 kilos de riz. (et la fois d’après, avec 12 pots de pesto, parce qu’il restait trop de riz).

Sauf que je lui fais remarquer qu’un mail à mon taf, ça va pas le faire parce que mon imprimante est en panne et que j’ai pas envie de tout recopier à la main. Ce à quoi elle me rétorque que pas grave, de toute façon la liste elle peut l’écrire au stylo sur une feuille à carte (là j’ai pas compris), la scanner et me la faxer.

Et moi tu sais quoi ? Ben comme un innocent, j’ai dit OUI.
J’ai même ajouté "super bonne idée".
T’as qu’à voir si je suis con.

Donc le lendemain, je te le donne émile, je vois Jessifer-la-secrétaire m’apporter un papier avec un sourire non dissimulé, qu’elle me tend en disant "je crois que c’est un fax pour vous".
Là je pense évidemment bourrique, y’a mon nom dessus mais comme je suis poli, je dis plutôt merci Jessifer.

Puis j’ajoute :
- Par contre Jessifer, c’est pas très stratégique de se moquer des hommes qui font les courses. Parce qu’on peut pas à la fois vouloir libérer les femmes du joug qui les opprime et ironiser à notre propos quand on doit pousser des caddies.
- Nonon, je me moquais pas de vous, elle répond en continuant à sourire et en partant.
(Tu parles que je te crois. Continue comme ça et tu vas l’avoir ta fessée cul nu).

Et là je lis le fax de la folle qui habite chez moi et voilà ce que j’y trouve (dans les lignes d'en bas) :

courses02

Si un graphologue est dans la salle, qu'il en profite pour me donner son avis. Merci.

D’où le petit sourire de Jessifer, je suppose.

Alors comme je suis un garçon, donc un être primitif je te rappelle, pour lui prouver que tout ça n’était que calomnie ou odieux stratagème pour la détourner de moi, dans un premier temps j’ai bien pensé aller montrer mon sexe à Jessifer. Mais après renseignement auprès de Céline la daronne des RH, j’ai appris que c’était assez mal vu.
Y compris devant un juge.

Il faudra donc que je fasse avec : dorénavant Jessifer pensera que mon sexe est tellement petit, que ma nana a été OBLIGéE de prendre un amant.
Tu vois la looze, limite j’ai plus qu’à changer de boulot.

Mais le sort n’est pas si cruel. Et l’heure de la vengeance a sonné.
Ouais parce que moi aussi, par hasard, j’ai récupéré les adresses mails des collègues de la folle qui m’écrit des listes de courses. Et c’est maintenant que j’ai besoin de ton aide amie lectrice. Pour que tu me conseilles sur le mail que je dois lui envoyer, en faisant semblant d’avoir fait un "répondre à tous" malencontreux, pour que tout le monde dans son service puisse le lire. Donc voici à quoi j’ai pensé :

1/ La pharmacie vient de m’appeler par erreur. Ils te signalent que tu peux passer dès ce soir pour récupérer la pommade contre ta mycose vaginale.

2/ Ca y est, j’ai mis les vidéos qu’on a faites hier soir sur YouPorn. T’es vraiment très excitante sur celle avec l’aubergine et le labrador du voisin.

3/ Je viens de mettre tes dessous dans la machine à laver… Je voulais te dire que tes culottes, ça serait bien que tu les changes plus souvent, parce que là ça va pas être facile à ravoir.

Et toc !
Pas mal non ?

Evidemment, si t’as d’autres idées, n’hésite pas hein !
Ca changera rien à l’idée que Jessifer se fera de moi.
Mais au moins je serai vengé.

Mercredi.
Bande son : the Vendetta "Strangulation" YYYYYYYYaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Si tu veux rester ami avec tes voisins, peut-être ne mets pas le son trop fort.

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21 février 2008

Le jeu de la haine et du hasard

En y réfléchissant bien je crois que c'est vendredi que j'ai paumé ma clé USB. Celle sur laquelle il y a tout : les fichiers- texte de mon blog, plus une copie des 250 pages de ce roman porno-comiquo qui me rendra célèbre à me faire téter les doigts de pieds par des mannequins italiens à tête de musaraigne, plus des photos de moi qui font honte, plus les émiles bidons qu'on s'échange avec la fusée, plus des vidéos en devenir ; tout un tas de trucs que j'aurais préféré garder secrets. Tout au moins pour les photos,.. enfin en attendant de les vendre à Entrevue.

Le pire c'est que je crois que je l'ai perdue au boulot cette clé USB. En face du bureau de Bépé, mon ennemi juré. Une sorte de gros con à moustache de gendarme, marié avec UNE colonel, un mec assujetti à l'ISF qui passe son temps à dire que l'ennemi c'est le pauvre et à faire chier la responsable de la Co, juste parce que c'est une femme et qu'elle est plus bas que lui sur l'organigramme. Je te jure, ce mec c'est une vraie purge. Imagine, il se laisse pousser le ventre, s'habille en costumes chics façon supermarché et sa voix Jugnot-like dérape dans les aigus à la fin de toutes les phrases. Le remède contre l'amour fait homme. A mon avis, il gagnerait à se faire connaître auprès de "l'Internationale Lesbienne" : elle lui verserait une pension rien que pour le remercier d'exister. Sûr une jeune femme doutant de son orientation le croise, ben paf ! elle décide de devenir goudou.

Note bien que ça m'arrange qu'on soit ennemis. Un mec pareil me trouverait sympa, je suis certain que je le vivrais mal.

Le problème c'est que con comme il est, j'ai tout de suite imaginé qu'il allait s'en servir contre moi de la découverte de cette fameuse clé. Je le voyais déjà, s'adonnant à son activité favorite et ramper vers le bureau du grand boss en laissant une trace de bave nauséabonde, pour lui montrer sa prise, un sourire narquois sur ses lèvres de Strasbourg.

C'est là que la machine s'est emballée. Je veux dire une bonne vieille parano. C'est là que je me suis vu foutu à la porte pour cause d'écrivage de pages cochonnes pendant les heures de travail et de photos non conformes à la charte graphique de l'entreprise. Dehors, viré comme le malpropre que je serais devenu à leurs yeux.

Et puis je me suis souvenu de cette fois où on était parti en vacances avec mes parents dans la ford taunus 20 ans d'âge. Sur une route de montagne, Papa avait crevé. Enfin… la voiture. Et sur cette bonne vielle ford, la roue de secours était DANS le coffre. Ouais là, pile sous les 200 kilos de bagages. Inutile de te dire, que ce jour là, j'avais appris suffisamment de gros mots pour devenir une sorte de star à mon retour à l'école.
Au bout d'une heure au moins, on avait pu repartir. Pour se rendre compte que 5 kilomètres plus loin, un énorme éboulement avait emporté la route au fond d'un ravin et les quelques bagnoles qui se trouvaient là au mauvais moment. Ben tu vois, ce jour-là en plus des gros mots, la vie m'avait appris que quand il t'arrive une merde, c'est peut-être pour t'en éviter une plus grosse juste après. Alors finalement, la perte de ma clé USB, je crois que je m'en fous un peu. Finalement viré, ça serait peut-être un bon plan de carrière.

Et depuis hier, c'est pire : j'ai le sourire du ravi de la crèche. Je me surprends à imaginer que c'est pareil avec lot'-nain-jaune-doré-qui-brille. Si ça se trouve c'est le destin qui nous l'a envoyé pour qu'on finisse par avoir tellement marre qu'on ait des envies de se faire cuire des merguez sur les ruines des trucs auxquels on aura mis le feu.

Djeud'
Bande son : Parabellum "Anarchie en Chiraquie"
"Jette ton coktail Molotov dans les airs"

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17 octobre 2007

Pornichet Camping

Faudrait pas que tu te fasses des idées sur moi toi l'invisible. Je suis pas tout le temps à toc et j'écoute pas que de la musique de fous avec le son qui fait plus de bruit que le moteur. Non parfois j'écoute aussi la radio, voire les infos. Et hier soir, en rentrant du boulot j'ai entendu que des hordes de jeunes filles attendaient depuis des heures l'ouverture du concert à Bercy de Pornichet Camping Tokio Hotel, la nouvelle coqueluche du monde qui a de l'acné. (D'où ce nom de coqueluche je suppose).

Alors pour toi qui n'as plus quatorze ans, Tokio Hotel, c'est eux.

tokio_hotel

Un petit groupe de djeun'z bien sympathique. Quatre ados, dont un qui fait fille comme Brian Molko, un teufeur hip-hop, et deux sans style, soit quatre musiciens personnages dans lesquels tout adolescent doit pouvoir s'identifier. Mais bon, si t'écoutes un ou deux morceaux, tu te rendras compte qu'il y a quand même de quoi se moquer.

Et puis d'un coup je me suis dit que fallait peut-être pas que je fasse trop le malin, parce que c'était quoi le premier disque que j'ai acheté ? Hein ? C'était quoi déjà ?
Alors pour m'assurer quand même que mon honneur était sauf, je suis allé rechercher le vinyle dans un carton.
(Pour les plus jeunes, un vinyle, c'est comme un cédé, mais en plus grand et tout noir).
Sous la pellicule de poussière, la même que celle qui se dépose sur les bouteilles de bon vin, j'ai re-découvert ça.
Ho !… Mon premier disque. Un 33 tours de Gene Simmons.
(Si t'as mangé, tu peux cliquer pour voir sa tête en grand).

Gene_Simmons
Allez, avoue que ça te fait rêver une langue de cette taille hein coquine !

Et je l'ai posé sur la platine disque comme ça, pour me rendre compte.
Et ça a donné ça.
Une intro toute bizarre avec des chœurs de bonnes sœurs et très vite des bons riffs de guitare électrique. Bon bien sûr je devais avoir dix ou douze ans et j'étais archi-puceau. Mais je sentais déjà bien que les bonnes sœurs devait pas falloir leur en promettre mais plutôt leur en donner. Et forcément j'imaginais que plus tard, m'attendait un monde de débauche, d'alcool, de fumersémal, et de sexe même si pour ça fallait que j'accepte de coucher avec des vieilles de seize ans. Et même si à travers ce choix, je revois un peu l'espèce de pré-d'ado un peu concon que je devais être, ben finalement j'ai pas honte.

She's radioactive (radioactive), she's very selective (radioactive)
She's what I need, she's so pretty indeed, she wants it all the time.

Et puis c'est à partir de ce disque que tout a commencé, parce que mon deuxième album, c'était un disque de Kiss, dont je t'offre le titre principal : C'mon and love me.

En fait c'est simple, le wack'n'wall a transformé ma vie.

Cremerdi.
Bande son : Voir le miniplayer là en dessous.
Et toi vas-y n'aie pas honte, c'était quoi ton premier disque ?

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28 septembre 2007

La faille temporelle

Comment te dire ? Parfois le hasard c'est vraiment étrange. Tu vois il y a quelques jours, perdu dans l'espace-temps, je te parlais d'avant. Et puis cette après-midi, en sortant du resto, je la vois assise devant son frichti de dinde. Au moins wattmille ans que je l'avais pas vue. Pas celle aux yeux de hibou. Non, Béa. La guitariste énervée qui m'avait expliqué les subtilités harmoniques du morceau Sex Beat, un des premiers que j'avais appris. Tu parles de subtilités ! Pour moi c'était qu'un machin punkoïde à jouer à l'arrache (2minutes43, c'est dire), un peu comme un grand mélange de doigts, aussi borderline que ce que j'arrivais à capter avec mes oreilles anesthésiées au deaf métal. Je te jure, le choc de la voir assise là, pile au même endroit que moi. La même coupe de cheveux. Exactement pareille. Et les yeux encore plus verts qu'avant. Et puis la même espèce de veste qu'autrefois, un truc genre rock star qui fait que tu passes pas inaperçue surtout avec cette sorte de choucroute qui était aussi sa marque de fabrique.

Hé ! Salut Béa ça roule ? Tu me reconnais ? Ah ben oui bien sûr, même avec la coupe de Yul Brynner ! Tsé que je t'ai vu y'a pas longtemps dans cette anthologie du rock bordelais ? Tu me signes un autographe ? Hahahaha ! Dis donc, c'est la frime ! T'es en photo sur la même page que Noir'Dez ! T'as battu ton mec toi aussi ? Non je dis pas ça pour toi mon gars.

Et puis tout qui te revient en mémoire d'un coup, même sans en parler. Les répèts dans ces caves bordelaises qui sentaient fort la bière, le moisi et les décibels, les virées en 4L sans permis, les concerts dans d'improbables bistrots, les soirées à se raconter tout et surtout n'importe quoi, les mélécass et les galopins au Luxor au milieu de vieux punks sans dent, les cafés petits dej' à seize heure chez Castan et son bar comme une grotte, les pertes de mémoire au Chat Bleu l'ancien pas l'usine sur les quais, les soirées où même au Performance ils voulaient plus nous laisser rentrer, celle au Last Chance dont on était parti en courant pour éviter une bagarre générale comme dans les westerns, cette nuit dans mon appart aux murs pas plus épais que le papier peint où les flics avaient débarqué 3 fois alors qu'on faisait MEME PAS de bruit, les séances de photos comme les vrais, ceux qui font des disques qui se vendent, et les Babas Punks, ce mouvement de mode (hum...) qu'on avait inventé ensemble avec Denis et Raffy, dans lequel on était que quatre, ce qui nous empêchait pas d'imaginer en délirant, qu'un jour on serait tous célèbres et qu'il y en aurait plein qui voudraient nous ressembler.

Une faille temporelle cette re-rencontre.

Et puis pour que tu te rendes compte, je t'ai cherché une photo. Mais dans mon bordel ambiant, j'en ai pas trouvée. Pourtant elles doivent être là, pas loin. Alors un jour peut-être.
Mais comme Rocket m'a demandé si j'étais cap de te montrer ma bougie ici, et contrairement à ce que j'avais dit , où je m'étais promis de pas vous montrer, parce que je vous connais vous êtes des malfaisants, ben la voilà, ma coupe de plumeau du wack'n'wall.

Yoj_Plumeau
Au passage, vous pouvez admirer le papier peint.

Vendredi, jour des fous. Pas ceux-là. D'autres.
Bande son : Gun Club "Sex Beat" et Tori Amos "Smells like teen spirit".
Deux jours de soleil à venir. Presque le bonheur.

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10 mars 2007

Au fait...

Faudrait pas penser que je suis mort, ça serait pas vrai. D'ailleurs, je me demandais... Comment on le sait quand un bloggeur est mort ? Ils envoient un faire-part chez Canalblog ? Ils préviennent ta mère ? Ils le disent aux gens que t'es plus là, que tu te connectes plus parce que là-haut, y'a pas Internet ? Faudrait peut-être que j'écrive un message testament, avec la fonction "publication à une date future". Un peu comme dans le cycle de la "Fondation" d'Asimov.

Je vous dirais tous ces gens, toutes ces âmes que j'ai lues de blogs en blogs. Celles qui m'ont ému, ceux qui m'ont fait rire, les messages que j'ai enregistrés parce qu'ils valaient autant que les plus belles pages de la littérature, parce que c'était du vivant et de l'humain. Je vous dirais même celles sur lesquelles je commente jamais parce que je ne saurais rien aligner d'aussi touchant que ce que j'y lis. Pour les plus curieuses, j'enverrais aussi une photo de moi, vous verriez ma tête, vous sauriez qui je suis. Pour ceux qui ont regardé France 2, vous vous rendriez compte que j'y suis passé mercredi soir. Sûrement parce que j'avais un truc intelligent à dire, pas comme ici maintenant. Et puis je vous écrirais un message rien que pour toi et pour toi aussi, pour te dire l'effet que tu m'as fait, comment tu m'as peut-être sauvé, comment tu as su trouver cette partie de moi que personne ne voie jamais. Mais je me débrouillerais à pas le laisser là.

Et puis pendant deux jours, vous vous diriez peut-être "merde". (Sauf MAdemoiselle Conasse qui penserait que c'est tant mieux). Et après vous vous rendriez compte que je vous manque même pas. Parce que dehors il fait beau et qu'il y a toujours mieux à faire que de rester planter devant son écran.

En attendant plus fort, passez un bon ouikaine.

Meet_Me_In_Montmartre

Samedi' rait bien d'aller prendre le soleil un peu.
Bande son : Fallait cliquer en haut bourriquette ; Concrete Blonde "Everybody Knows"
T'as vu ? Chuis plus grand que la Eiffel Tower !

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20 janvier 2007

Précision

Ecrire n'est pas mon métier. Et c'est en lisant vos comentaires sur le message précédent que je m'en rends compte encore. Ce billet qui vous a peut-être semblé déprimé, ne l'était pas tant que ça. Bien sûr, il y a cette question unique qui parfois me vrille un peu une partie de l'esprit située quelque part entre l'étagère de l'amour-propre et le tiroir des dossiers suspendus. Mais j'avance, je bouge et me déplace. Et pour le moment, je ne suis pas lassé du voyage.

Promis, je vous envoie des cartes postales.

Les bises.

le_bisou
'tention les dents quand même !

Samedi à poil devant le pécé.
Bande son : Yeah Yeah Yeahs "Gold Lion" (là vous êtes obligés de cliquer de la souris et de mouver vos bodys sensuellement)

Désolé de cette interruption momentanée de notre programme.

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15 janvier 2007

Une à Une

On s'est rencontré dans un champ. Je dessinais des courbes dans le ciel avec mon cerf-volant préféré et elle venait dans ma direction, pieds nus dans l'herbe épaisse. C'était en mars, une de ces belles journées de printemps du Sud-Ouest. Assise sur le sol, elle m'avait regardé un moment en souriant. Ma première phrase avait été la même que celle des amants ringards. "Alors?... Ça t'a plu ?" Ça l'avait fait un peu rire. J'avais pris la sienne pour un signe. Elle m'expliqua qu'elle aimait bien les cerfs-volants. Que ses préférés c'était les combattants. Les combattants ? Tu te rends compte ? En France on doit être douze à s'y intéresser ! Et elle, elle est là devant moi, elle est jolie comme un cœur, elle me sourit de ses yeux bleus de bretonne et elle m'offre son numéro contre la promesse de vite se revoir pour en faire ensemble. Pourtant on a pris notre temps. C'est que deux mois après, qu'on mélangeait nos langues et six mois plus tard, nos meubles dans la même maison.

Pour la première fois de ma vie, je découvrais vraiment ce que c'était qu'aimer. Je l'avais déjà vécu mais jamais aussi fort. Pourtant ma bretonne elle les empilait les obstacles. "J'aime pas ta région, un jour je m'en irai". "J'aime pas que ta vie soit déjà construite, j'aurais voulu qu'on parte de zéro ensemble". "Toi t'es coincé dans ton chez toi, je sens bien que t'en bougeras jamais". "Je me reconnais pas dans les familles, je crois que j'aurais peur de m'y perdre". Et moi j'y mélangeais mes peurs primaires et mes défauts majeurs, cette crainte presque permanente de l'abandon, la nécessité d'avoir des preuves de son amour, mes rêveries idiotes, mon besoin d'absolu et mon dégoût du tiède. Mais on s'aimait ça c'est sûr, d'un amour un peu bancal mais vrai.

C'est plusieurs années plus tard que j'en ai eu envie. J'avais déménagé dans une autre ville, un peu pour lui montrer que j'en étais capable. Et je l'aimais de plus en plus. C'était juste avant ses trente ans. Une après-midi sous le saule pleureur, je lui ai tout balancé. Tout. Droit dans les yeux pour être sûr qu'elle comprenne bien ce que j'étais en train de lui dire. Que pour la première fois, quelqu'un me donnait envie de faire des gosses, que je nous voyais bien vieillir ensemble, que si c'était important pour elle on pouvait se marier. Elle m'a regardé d'un air qui m'a surpris. Quand elle m'a dit "je vais réfléchir", j'ai compris en une seconde ce qui allait se passer. J'ai bien vu que la réponse à venir serait non et que forcément, cette histoire allait se terminer bientôt. Un peu comme quand deux doigts pointent sur une carte routière deux endroits différents, tu sais bien qu'à un moment, les routes devront se séparer.

On a tapé le dernier mur de l'impasse trois mois plus tard, quinze jours après mon anniversaire. Je ne l'aimais pas moins, elle aussi je crois. C'est certainement pour ça qu'on en a chié si longtemps, pour ça que j'ai vécu comme un chien pendant six mois, tout seul enfermé dans ma niche, face au paysage de la mer charentaise que je voyais même plus. Me demandant tous les jours si le soleil du lendemain valait le coup d'être vu.

Puis elle est revenue avec des mots parmi les plus touchants, presque des promesses de toujours. Alors on est redevenu un couple. Mais deux mois plus tard, le mariage de mon frère est venu lui jeter à nouveau cette image de famille qui lui faisait toujours peur. On a rompu le lendemain, juste avant le dessert, un dimanche où tout le monde s'amusait sauf nous. Puis elle est revenue encore, puis elle est repartie.

Aimer parfois ça rend un peu con. Mais pas définitivement. Alors un jour, tu comprends que c'est vraiment pas ça dont t'as envie. Et ce jour-là, la porte qui lui donnait accès à ton amour se ferme, sans que tu l'aies décidé toi-même. Elle est fermée c'est tout. Tu sais que tu seras plus jamais avec elle et que même si la possibilité t'en était offerte, tu la refuserais. Mais il y a toujours le plaisir à se voir et à rire des mêmes choses, à se parler de soi, du chemin parcouru et des humains qu'on rencontre.

Jusqu'au jour où elle te raconte son nouveau mec, un vrai, pas un comme ça en passant. Le prototype du garçon avec un passé et une histoire, des enfants et une ex-femme difficile, qui habite loin, qui va lui demander de s'insérer dans sa vie déjà faite, tout ce qu'elle te disait éviter. Mais tu comprends qu'avec lui elle a des envies qu'elle n'a jamais eues avec toi. Et ça te fait comme un goût étrange, une impression désagréable que t'étais vraiment pas le bon,  comme le chromosome déficient de son histoire.

Demain ça fera trois ans qu'on n'est définitivement plus ensemble. Et même s'il y a eu depuis d'autres amours, d'autres épisodes ni plus simples ni plus complexes, des histoires humaines, des histoires d'adultes avec des bonheurs et des joies, des frissons ou des larmes, des parfums d'impossible ou des envies de rien d'autre,  même si le meilleur est sûrement à venir, je me demande bien pourquoi, encore aujourd'hui, je suis toujours un peu coincé là.

elle_113

Lundi.
Bande son : Eiffel "Une à une"

Que font les cœurs à l'heure où la nuit tombe des nues ?
Dévissent en impudeur et glissent à toute allure, sur la rampe d'un bonheur dont on sait qu'il ne battra plus.
Egrainent leurs chants d'amour convoyés sous des salves de tonnerre en velours.
Et de cohues en cohortes, le don des solitudes infinies nous transporte.

De l'amour il en pleuvra sur le bitume.
Des lèvres, des secondes épelées une à une.
De l'amour il en pleuvra sur le bitume.
Cela bat de soi, faudra s'accrocher à la lune.
Pour des lèvres, des secondes épelées une à une.

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05 janvier 2007

Les bonnes. Les mauvaises.

Non, ce soir, je vais pas te parler des femmes et de l'amour (physique évidemment). Non ça va être autre chose. C'est juste que plus le temps passe et plus je me rends compte que je sais rien. Par exemple j’avais jamais pensé à prendre en début d’année, des mauvaises résolutions. Des bonnes que je tiens presque jamais ça oui. Mais des mauvaises, ça m’avait complètement échappé. Heureusement Nic'Mo m’y a fait pensé. Et puis en y réfléchissant mieux, j’ai réalisé qu'il y avait encore  mieux que des résolutions ; en fait je devrais exprimer des souhaits. Parce que les souhaits, si ça marche pas, je peux toujours dire que j'y suis pour rien. Donc pour 2007, voilà ce que je souhaite.

Dans la catégorie "Je deviens un garçon raisonnable"
(Sous-titré, je fais pas que des trucs de con).
Je voudrais payer mes factures avant que les huissiers débarquent à la maison. C’est vrai qu’au début, je trouvais ça vachement pratique qu’on vienne me réclamer l’argent que je dois directement à ma porte plutôt qu’en m’envoyant un courrier impersonnel.
"Mr Yojik, sauf erreur de notre part, et malgré les trois lettres de relance que vous nous avons envoyées, le paiement de xxx ne nous est toujours pas parvenu. Aussi…"
Tu vois en gros ? Que des mots désagréables qui te font passer pour un voleur. Alors que quand le monsieur en costume vient sonner chez moi, je trouve ça plus humain. Mais à bien y regarder, c’est un mauvais calcul parce que l’huissier ne se déplace pas pour rien. C’est qu’il a des honoraires le monsieur et faut bien que tout le monde vive. (Il parait d'ailleurs que c'est aussi la phrase préférée des bourreaux).

Je voudrais arrêter de fumer. Mouais ça c’est comme depuis toujours. A vrai dire je crois même que le 1er janvier qui a suivi ma première cigarette, je disais déjà ça. Pourtant j’ai essayé plein de fois mais j’y arrive pas. A croire que dans les clopes, ils mettent un produit pour me rendre encore plus accro qu’un Schtroumpf à la salsepareille. (Ouais j’en ai déjà vu un en crise de manque, c’est pas beau à voir). Cette année, je vais tenter la méthode de la dernière chance : la sorcière. Y’en a une qui fait ça près de chez moi. Trois petits mouvements de mains, les yeux qui deviennent tout blancs, deux incantations dans un langage que tu comprends même pas et c'est bon. Tous les gens que je connais qui sont allés la voir ont arrêté dans l’heure sans jamais reprendre. Par contre, y’en a un qui a pris 20 kilos mais bon… 20 kilos ça va ça vient.

Dans la catégorie "Je me donne du plaisir"
(et pas que tout seul dans mon lit)
Je voudrais continuer à faire des chouilles avec mes potes. Quitte à prendre des guitares, on n’a rien sans rien et moi, j’ai le sens du sacrifice. Et puis faire de la moto, de la voile, du cerf-volant, et faire un peu de musique. Bref  un peu comme l’année dernière. Sauf pour le snowboard. Là je crois que je vais abandonner l’idée, je serai jamais bon. Et puis la basse aussi, parce que finalement, c’est pas un instrument pour moi  ;  une basse c'est jamais aussi joli que dans les mains d'une fille. Non, jvé plutôt continuer à être un guitariste médiocre. Pour le moment y’a pas grand monde qui y a pensé, si ça se trouve, y’a un créneau à prendre.

Dans la catégorie "Le Canada, c’est loin (et froid)"
Je voudrais que tous les gens qui pensent à gauche, même très à gauche, aillent voter Ségolène au premier tour. Bien sûr Ségolène c’est peut-être pas ton candidat (qui est une candidate) idéal. Mais tu vois, moi en 2002 j’avais voté Jospin dès le début parce que j’avais senti le vent tourner (*). C’était la première fois de ma vie que je votais socialiste au premier tour et c’est vrai que ça m’avait un peu troué de me sentir traître à la cause. Mais faut être honnête, beaucoup moins que d’aller voter Chirac au deuxième. Donc pour pas faire la même erreur, ça me ferait bien plaisir que tous les gens de gauche votent Ségolène au premier tour (et au deuxième évidemment). Bon après si c’est Nik’ qui est élu, on aura la preuve définitive que la France est un pays de droite. Mais c’est que moyen grave, il parait que c’est très beau les paysages du Canada. (Beau mais froid).

Et puis quelque soit l’élu(e), je voudrais bien qu’elle/il soit au moins honnête, qu’elle/il œuvre pour le bienfaits de tous et pas que pour ses potes, et qu’elle/il considère vraiment l’humain comme un individu et pas comme un outil de production susceptible de consommer. Et tant qu’elle/il y sera qu’elle/il supprime les limitations de vitesse pour tous les bloggeurs qui roulent à moto et dont le nom commence par Y et finit par K.

Dans la catégorie "Ouvrons nos chakras à l’universel et au Grand Tout"
Pour 2007, je voudrais bien aussi l’amour absolu pour tous les êtres, des lapins bleus qui courent partout, plus jamais la guerre sur Terre, que les petits enfants aient toujours à manger, même ceux qui sont pas de la même couleur que nous, et que le SIDA et toutes les maladies craignos disparaissent du paysage.
Mais là je me fais pas trop d’illusions, ça a autant de chance d’arriver que moi de devenir Miss France. (Quoiqu’avec un discours pareil, je pense que j’ai mes chances).

En gros, c'est tout.

(*) Vent : fam. Se dit des gaz malodorants retenus dans le corps de l'homme ou des animaux (Ou des femmes. Sauf la Reine d'Angleterre bien sûr). Avoir des vents. Cela cause des vents, donne des vents. Lâcher un vent. Yojik avait senti le vent du deuxième tour.

Vendredi, c'est soir des martiens. Sauf que là il pleut et la Bulle est propre.
Bande son : the Ramones "Surfin' Bird"

Vous croyez que ça va s'arranger un jour ?

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04 janvier 2007

Blessure de guerre

Alors pour commencer « Bonne Année », voilà c’est fait on n'en parle plus. Surtout que je suis sûr de pas être le premier à vous la souhaiter et que j’ai remarqué un truc : c’est en général les personnes que tu aimes le moins qui te le disent le plus tard. Tiens par exemple ce matin au boulot j’ai eu les bons vœux de "Gueule-de-Raie". C’est pourtant le collègue qui a le plus de mal à m’encadrer, alors ses bons vœux, je lui dirais bien de se les tailler en pointe avant de s’en servir à des fins dilatatoires mais parait "que ça se fait pas". En revanche, quand 20 secondes après les douze coups de minuit, une petite mignonne traverse la salle du réveillon à toute vitesse en bravant les jets de serpentins, en risquant les boules en papier dans les yeux, ne craignant même pas de devenir sourde d'un coup de pouet-pouet dans l'oreille, ben elle, t’es sûr qu’elle t’aime bien.

Par contre, je voulais vous parler du réveillon. Cette année, j’ai pas été à la mode pour les fêtes de fin d’année. Mais alors pas du tout ! Ouais parce qu’en lisant des blogs et en écoutant des vrais gens de la vraie vie, j’ai compris que la tendance avait été "Oui nous cette année on dit non à tout ça. Avec Choupinou on va se faire un petit réveillon tout tranquille, parce qu'on est contre la société de consommation et qu'on s'aime à la folie alors on n'a pas besoin des autres pour être bien ensemble".
Tu me diras, pourquoi pas ? Ça peut effectivement être une bonne idée. Sauf si en fait, c’est une excuse que tu racontes pour pas avoir à dire que cette année t’as rien fait parce que personne t’a invité. Mais bon, chacun ses trucs pour pas perdre la face.

Pour moi, ça a été une nuit avec les fous. On était 99. Un de plus et ça aurait été trop ! On avait loué une salle pour pouvoir se lâcher, en insistant bien sur le fait que souvent, nos soirées finissent en bataille de projectiles divers. Et on avait réservé des bungalows, parce qu’on est pas trop fous quand même et que je me connais : plus je bois, moins bien je conduis. Ce qui est d’ailleurs confirmé par les Men In Blue, ceux des bords de route. A croire que je suis connu des services de police.

J’avais aucune crainte à l’avance, parce que y’avait surtout des gens que j’aime bien : ça a été une bonne soirée. J’ai bougé mon corps toute la nuit, j’ai remué ma tête dans tous les sens.
J’ai même pas eu à hurler ...
"C’est la cheni-lleu des ca-nards!!!" ni à faire tourner des serviettes au dessus de ma tête, non c’était plutôt sauvage et wack’n’wall. J’ai eu à me dégager plusieurs fois des bras de Kiquine qui arrêtait pas de me tripoter et à un moment, j’en menais pas trop large parce que Kiquine, elle mesure 1m83, elle est plus baraquée que moi et qu’elle avait l’œil bizarrement brillant. J’ai fait des bises d’affection sincère et en accord total avec les autres sages, on a organisé un blind-test pour élire le membre du mois de janvier. (Faudra que je vous parle un jour de cette coutume bizarre du groupe des fous). Bien sûr, ce blind-test, il était tout pipoté parce qu’on avait décidé de faire gagner Ti’Go. Et comme il avait aucune bonne réponse, ben il a fallu vachement mentir pour le faire gagner. Mais personne n’a ralé, parce que Ti’Go, tout le monde l’aime bien.

Par contre je me suis blessé ma main de singe.

Blessure_de_guerre
Admire le joli camaïeu !

Je pourrais vous raconter que c’est en défendant une fille qui était en train de se faire agresser par des malfaisants et que sautant dans la bagarre à pieds joints et n’écoutant que ma fibre héroïque, j’ai distribué manchettes dans les dents et salades de genoux dans les côtes pour lui sauver la vie. Ben non… C’est juste parce que j’avais oublié de prendre un ouvre-bouteille pour les bières de Rocket. Il a donc fallu que je me débrouille en tapant dessus à la main, comme on fait à l’armée, sauf que moi comme j’ai pas fait mon service, je manque d’entraînement.
Suis con aussi. On m’avait bien dit que pour être un vrai homme, fallait avoir fait la légion ou à la rigueur, les commandos (pernod).

Ensuite, un peu fatigué on est rentré dormir dans notre bungalow et là j’ai découvert un autre grand principe de la vie que j’ignorais encore. Si tu veux pas te réveiller le matin avec mal partout, parce que t’as été obligé de dormir plié en quatre, vaut mieux penser à ouvrir la banquette-canapé-lit au fonctionnement étrange AVANT de partir faire la fête.

Bref un réveillon très instructif.

On est jeudi c'est ça ?
Bande Son : Soundgarden "Zero Chance" et The Smashing Pumpkins "Blank Page"
Année 2007, année de la sucette.

Posté par Yojik à 13:04 - Brilnom, brilnom... - Commentaires [29] - Permalien [#]
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