Peut-être vous vous êtes demandé ce que je faisais là à nouveau, c'est simple. Depuis deux ans, je traînais sur Facebook. Au début je ne voulais pas m'y inscrire, parce que comme tout le monde, j'avais entendu qu'être actif sur Facebook c'était la certitude de se faire pirater sa vie pour assouvir un dessein pas vraiment clair. Mais je suis faible. Et pour tout te dire, une "bonne âme" m'y avait créé un profil que je voulais me réapproprier. Tout de suite il y a quelques trucs qui m'ont paru étranges. Comme par exemple que FB me propose comme "ami" deux personnes qui n'avaient aucun "ami" commun avec moi. Tu penses bien que méfiant comme une taupe en plein soleil, jamais je n'avais demandé à scanner mon carnet d'adresses émiles pour trouver davantage "d'amis". Mais dans la mesure où ces personnes que FB me proposaient n'avaient comme relation connue avec moi, que celle d'avoir échanger des mails il y a plusieurs années, j'ai supposé que FB avait farfouillé dans ce fameux carnet d'adresses de ma boîte mail, tout en me faisant croire que non, qu'il suffisait que je le lui refuse pour qu'il m'obéisse.

Mais c'était pas fini. Par la suite il a fallu que je sois hyper vigilant, parce que de temps en temps FB changeait les paramètres de confidentialité que j'avais bien blindés pour mon profil, ce qui le rendait consultable par presque tout le monde. Franchement énervant, même si à cette époque j'avais déjà pris la décision de n'y poster que des trucs sans conséquence. Pas de photos prises à cinq heures du matin, l'œil vitreux et la mine défaite et pas d'informations non plus sur mes allées et venues.

Cela dit, ça n'est pas pour ça que je m'en suis lassé. Après tout, il faut bien être conscient que quand on est accueilli chaleureusement par une multinationale comme FB, et que tous les services qu'on y trouve sont gratuits, il y a de fortes chances pour que le produit ça soit nous et toutes les infos qu'on y dépose naïvement. Non ce qui m'a donné envie de laisser tomber FB, c'est le grand vide qui l'habite. Pourtant j'ai croisé sur le net de beaux personnages, j'y ai lu des gens qui méritaient une audience qui pouvait largement dépasser celle d'un blog. Mais sur FB rien de tout ça. Ces mêmes personnes qui savaient m'enchanter dans le format blog, ne racontaient que leur nouveau téléphone, le train dans lequel elles roulaient, l'avion qu'elles allaient prendre, le paquet de Prince au chocolat presque fini, le ciel bleu à la plage, la température qui chute, la pluie qui mouille et le chien qui pète. Et ce que j'ai pu y laisser était plus insignifiant encore.

Alors je ne sais pas ce qui sur FB, a transformé ce que nous voulions partager, peut-être l'étroitesse du format, les 240 caractères pas plus, la facilité à y envoyer des statuts écrits depuis le clavier mal pratique d'un téléphone portable, mais pour éviter que FB ne me rende encore plus médiocre, j'ai décidé de m'en évader.

Mais rien ne me ferait plus plaisir que de m'en faire virer, parce que cliquer sur "supprimer mon profil", c'est pas assez marrant.
Inutile de te dire qu'en ce moment, mon profil atteint des sommets.

A bientôt les invisibles, je vous retrouve ici.

 

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