28 octobre 2009
Demolition Man
Salut l'invisible.
Si je t'écris pas beaucoup, c'est que j'ai une raison qu'il faut que je t'explique. Depuis début juillet, ici c'est Londres. Pas le Londres des dépliants touristiques non. Plutôt celui pendant la guerre sous les bombardements allemands. Au début les plafonds sont tombés, ensuite les cloisons. Puis un plancher a été fabriqué, la toiture isolée et des gaines électriques tirées dans tous les sens (les cochonnes). Et c'est pas fini. Là tel que tu me vois pas, j'installe un chauffage central tout beau avec l'aide de mon petit frelu. Et je monte des cloisons dans le premier étage construit dans la toiture. Sur plusieurs niveaux, parce que j'aime bien quand tout n'est pas à la même hauteur. D'abord plein de marches, de recoins tortueux et de petits escaliers dans tous les sens, c'est bien pour faire du sport. Ensuite ça surprend toujours les amis qui font le tour du proprio la première fois (*). Et je pense que ça me surprendra moi-même, quand les nuits de fête païenne par exemple, je me lèverai à 5 heure du' pas encore dégrammé, pour aller aux toilettes.
Mais qu'est-ce que tu veux ; j'ai toujours aimé l'aventure.

Chez Yoj' : le salon
Et puis, tous ces travaux, ça demande beaucoup de temps. J'ai bien essayé la magie, en me la jouant Ma Sorcière Bien-Aimée (pour les plus jeunes, une sorte d'Harry Potter mais dans une version femme au foyer). Mais même si de nombreux témoignages écrits à côté de baisers au rouge à lèvres semblent affirmer le contraire dans mon livre d'or, je suis assez peu doué du coup de baguette magique. Malheureusement les travaux avancent plus vite quand j'enfile mon déguisement de travailleur esclave du bâtiment, c'est-à-dire 12 heures par jour à des cadences infernales, mes épaules musculeuses habillées d'un marcel en coton blanc. Et un jean élimé qui laisse probablement apparaître la raie de mes fesses quand je me penche en avant.
(C'est bon, si tu viens de le ruiner, tu peux mettre sur PAUSE et aller changer ton string).
Mais travailler avec des outils de Cro-magnon, le marteau et le burin à la main, ne m'empêche pas de réfléchir de la tête. La meilleure preuve c'est qu'en tapant sur un clou qui récalcitrait, j'ai eu une triple révélation. D'abord j'ai réalisé que le doigt écrasé c'est assez douloureux. Ensuite regardant mon ongle tout mâché, j'ai pensé à nous, tous les broyés par la machine à fabriquer du médiocre qui tapinent sur les trottoirs du laborieux juste pour la nourrir. Et c'est pile à ce moment là que j'ai trouvé comment dès bientôt on pourra inverser cette course en avant qui mène le monde soit dans le mur, soit au mieux nulle part.
Je t'en parlerai une autre fois, parce que là, faudrait vraiment que je finisse d'installer ce chauffage qui commence à me faire défaut.
Mais t'inquiète, j'ai un plan.

Dans la salle de bains : le porte-savon.
Mercredi ?
Bande son : Eiffel, "T'as tout, tu profites de rien".
(*) Ca doit être tellement surprenant que figure toi que j'ai été interviewé par le journaliste d'un magazine consacré à l'habitat-fait-avec-ses-mains. Donc si tu veux voir ma bougie, ma maison ou mieux mon jean élimé, tu peux toujours acheter le prochain numéro des Castors de l'Ouest. C'est bizarre, mais c'est son nom.
(Mais tu seras gentil de pas en tirer de conclusions désobligeantes sur la forme de ma queue).
15 octobre 2009
Un mois sans rien te dire
La nuit dernière, j'ai marché sur un crapaud. Ou une grosse grenouille, je voyais pas grand chose, il faisait noir. Mais comme j'étais dans un quartier de la France d'en bas, je penche plutôt pour le malabar monstrueux avec une grande bouche Arielle Dombasle Style et des pustules partout. Parce que tu vois, j'ai toujours pensé que les jolies rainettes aux jambes longues et fines, ça préfère arpenter les beaux quartiers. C'est malheureusement la conception que j’ai du monde et de la non répartition des richesses, de la beauté et du glamour. Et si personne n'est d'accord avec moi, c'est pas grave, ça me dérange pas d'avoir raison tout seul.
Mais je ne développerai pas davantage mon analyse socio-politique de haut vol pour te rassurer le plus vite possible : le crapaud va bien.
Bon c'est vrai, quand j'ai posé ma Timberland® dessus, il a fait un drôle de bruit. Pas un craquement sinistre d'os brisés mais le même sifflement que le pouic-pouic de mon chien. Alors j'ai vite soulevé mon pied et j'ai vu le machin plat comme un pneu dégonflé se sauver dans les herbes hautes de la pelouse mal taillée.
Je me souviens y avoir vu un signe. Le pire c’est que je me souviens plus du tout lequel.
Faudrait vraiment que je pense à prendre des notes.
Sinon, j’ai une maison à reconstruire, des milliers de trucs à faire et un boulot qui m’ennuie de plus en plus. Je vais peut-être démissionner et répondre à cette annonce.
Publiée le 09/10/2009 à 19:01:27 dans Bons plans
A la tête du Conseil d'Administration d'un Etablissement Public, vous menez aux destinées du premier quartier d'affaires d'Europe, rassemblant 150 000 emplois et 200 000 habitants.
Vous supervisez le processus d'appels d'offres truqués et de dessous de tables liés à l'extension de 300 000 m² SHON de l'offre en bureaux, en maintenant au mieux les relations avec les entreprises amies.
Vous disperserez toute critique concernant le déséquilibre induit par l'extension infinie de la Défense au détriment des autres pôles d'emploi d'Ile de France, en ne tenant aucun compte de la dégradation des conditions de desserte en transports en commun.
Vous disposerez dans vos missions d'un budget confortable d'1,3 milliard d'euros par an fourni par l'Etat, sur lequel vous aurez toute latitude en ce qui concerne les postes budgétaires 'notes de frais'
Votre profil : Diplômé du Baccalauréat, vous ne disposez d'aucune expérience professionnelle. Des notions élémentaires de Droit seraient bienvenues, même si vous redoublez sans arrêt la fac.
Rémunération motivante, nombreux avantages en nature.
Bon OK, j'ai même pas mon BAC. Mais avec un bon piston, ça devrait pouvoir quand même le faire.