31 août 2005
Love Factory
C'est une usine bien comme il faut avec une cheminée qui fume.
Et un boss comme sur les photos, un jeune loup relax, qui s'assume.
Le personnel bosse 35 heures bien en rythme avec les cadences.
Il porte son patron dans son cœur, et tous les matins il commence.
Cet endroit est un paradis pour ceux qui aiment le travail net.
Jamais un arrêt maladie et personne ne se prend la tête.
Ici il n'y a jamais de grève, les syndicats ne servent à rien.
C'est vraiment une usine de rêve et tout le monde trouve ça très bien.
Quand l'emballeur fait ses colis il ne faut pas le perturber.
C'est pas bon marché ces conneries , faudrait pas qu'il les fasse tomber.
Le comptable a de la pratique il vérifie trois fois ses listes.
Quand on travaille avec l'Afrique , c'est super d'être philatéliste.
La secrétaire est un canon, le contraire serait étonnant.
Elle fait son boulot à fond et tous les clients sont contents.
C'est pas un bizness habituel, ça fonctionne surtout à l'export.
Et ça dérange pas le personnel que sa production fasse des morts.
Je voudrais pas vous déranger avec mes idées pleines de fiel,
Mais je crois bien que vous fabriquez des mines anti personnel.
Ça vous dirait de lever le pied ? Ça serait Noël en avance,
Pour ces petits êtres mutilés qui vous ont payés vos vacances.
Parabellum
http://www.handicap-international.org/esperanza/site/page_type/accueil.asp
28 août 2005
Les mariages c'est propice aux rencontres
Hier soir ...
Je me prépare depuis plusieurs semaines pour le mariage de Greg. Greg c'est mon meilleur ami, celui des meilleures bringues, celui des tempêtes en mer en voilier et celui qui me fera parrain de ses enfants. Samedi il épouse Brunehilde, une fille au teint de poupée en porcelaine et aux yeux immenses qui expriment constamment une sorte d'amour universel. Quelle chance il a ce Greg ! Mais il connaît mon désarroi et il sait à quel point j'ai envie de partager mes jours et mes nuits avec une jeune femme dont je serais à la fois le protecteur et l'amant. Il m'a expliqué que Brune et lui m'ont choisi une cavalière célibataire qu'ils pensent être idéale pour moi. Bref, je me mets en quatre pour essayer de faire la meilleure impression. Je me suis donc acheté un costume Armani de belle coupe, et plusieurs jours avant, j'accumule soins du visage et expositions à la caresse du soleil pour le teint, excès d'eau minérale et de sport pour retrouver une apparence digne de Bond, James Bond.
Et puis le jour arrive. L'ambiance est gaie et détendue. Autour de moi je ne vois que sourires et enchantement. Retrouvant Greg et Brune, je les couvre de baisers. Mais de ma cavalière point de nouvelles. Elle doit être là pourtant : tout le monde est arrivé. Mais je n'ose pas leur demander de qui il s'agit, je reste digne et j'affiche un sourire teinté d'assurance et de décontraction au cas où dans un coin, elle soit en train de m'observer. Puis c'est le rite de la photo des mariés, des amis et de la famille. Pendant ce temps, le vin d'honneur est servi sur de longues tables et au détour d'un plateau de petits fours, je retrouve Mézigues. Mézigues c'est l'autre copain de la voile, celui avec lequel on a fait nos plus mémorables croisières en mer. Mais contrairement à Greg, lui, a plutôt fait sa réputation dans l'humour à vingt centimes, les concours foireux de pets (ou de pets foireux, ça dépend de son inspiration) et de lancer de crottes de nez.
Le soleil donne tout ce qu'il a donné en ce début de septembre. Et forcément la chaleur aidant, le bar devient tentant. Mézigues m'y entraîne et avec force verres de whisky, nous essayons de nous remémorer nos plus fameuses traversées. La cérémonie des photos dure de plus en plus longtemps, et bizarrement les verres de whisky se succédant, nous avons de plus en plus de mal à nous souvenir de nos aventures à la voile. Mais je n'ai toujours pas vu celle qui sera ma cavalière parmi la foule de ce jour heureux. Puis, vient le moment du repas. Nous nous dirigeons tous comme un seul homme sous le chapiteau qui va nous abriter le temps du repas. Et là sur le plan de table je vois à côté de mon nom, celui de ma cavalière. C'est donc avec Hélène que j'aurais le plaisir de partager ce repas (et peut-être même le reste de ma vie, si le destin veut nous sourire). Mais là d'un coup, la tension se remet à monter. Je file donc en vitesse au bar me faire servir deux ou trois (ou douze, je sais plus) verres de whisky pour me donner le courage et l'esprit nécessaire. Et rejoignant ma place je la vois. Wouah ! J'en reste comme suffoqué. L'air me manque, je sens que je vais m'évanouir. Cette fille est d'une beauté à couper le souffle. Tellement belle, qu'à part la comparer à une Adriana Karembeu mais en plus belle et en brune, je ne sais comment vous la décrire. Là, comme si d'un coup on avait tiré sur la chaîne qui retient le bouchon de la baignoire, je sens tous mes moyens comme aspirés dans la tuyauterie sans fond de ma bêtise habituelle. Je rejoins donc ma place sans trop la regarder, d'une démarche similaire à celle de Robocop, parce que je ne suis plus moi-même à cause de cette vision magnifique et peut-être aussi de la quantité trop importante de whisky qui embrume mon cerveau.
Tous les gens sont à leur place et elle fait comme si elle ne m'avait pas vu. Je me dis : " Vas-y Yoj ! Dis-lui au moins bonjour. Fais honneur à cette beauté infinie. Dis-lui quelque chose dont elle se souviendra toute sa vie, et qu'elle prendra plaisir à raconter à ses amies dans 10 ans pour notre anniversaire de mariage".
Mais je suis paralysé sur ma chaise. Mes yeux tournent dans tous les sens, et vraiment je ne sais que dire. Mais pourquoi je suis seul aujourd'hui dans mon cerveau ? Pourquoi y'a pas Gawan ou argh avec moi dans ma tête pour me souffler un truc spirituel ?
Puis on amène l'entrée. Du melon au porto. Je la regarde du coin de l'œil se saisir de sa cuillère et la plonger d'un geste sensuel dans la chair du melon. Tout le monde sourit, tout le monde s'amuse et rigole, tout le monde est heureux. Sauf moi ! Je suis seul au milieu de la foule cherchant parmi mes neurones ivres la première phrase que je pourrais lui dire.
" Allez, putain Yoj ! Dis n'importe quoi, ce qui te passe par la tête, MAIS BORDEL, DIS QUELQUE CHOSE "
Et là, je me tourne vers elle et entre deux hoquets et trois bafouillements je lui dis comme ça direct :
"C'est dingue ! Tu le manges vachement bien ton melon au porto !"
D'un seul coup, tout semble s'arrêter, le repas, les gens qui ne disent plus rien tellement j'ai l'impression que tout le monde me regarde, tout est figé…………. (sauf le sol qui continue bizarrement à vouloir se pencher alternativement de droite à gauche comme la mer en bateau). Elle me regarde, interloquée, la cuillère encore en l'air et le sourcil levé. Ses lèvres s'entrouvrent et je l'entends dire d'une voie propre à enchanter les anges :
"Mais t'es complètement con toi ! T'as rien à dire !"
Et c'est plongé dans mon melon que je rêve d'un coup de pouvoir y être inclus pour au moins mille ans comme Han Solo dans sa brique de métal en fusion.
25 août 2005
La jeune femme dans le train
Bon, c'est décidé, maintenant faut que je la trouve.
Donc que je la cherche.
Alors voilà ce qu'il c'est passé aujourd'hui.
Aujourd’hui, je prends donc le train pour faire un aller retour vers Tours. Ca n’est pas un TGV mais j’aime autant. Le voyage prendra plus de temps, et comme je suis pas un rapide moi-même, ça me correspond mieux.
Je commence à me plonger dans un roman que j’espère bon et je remarque une jeune femme à la peau diaphane quelques fauteuils plus loin. Ses yeux sont immenses et son regard dans le vague est perdu dans la campagne qui défile en sens inverse. Elle prend parfois une bouffée d’une cigarette qui se consume lentement au bout de ses doigts fins. La fumée qui s’en échappe monte vers le plafond du wagon comme un fil immatériel mais agité d’une imperceptible vibration qui trahit un infime mouvement de ses doigts. Elle doit être en train de penser à quelque chose qui la touche, quelque chose d’émouvant et qui occupe son esprit de romantique. Ses cheveux descendent en longues cascades ondulant sur ses épaules et entourent son visage comme si elle portait une étole de madone. Mon regard ne peut se détacher de ce visage à la fois enfantin et mélancolique. Et quelque chose se passe en moi. Comme une vague qui se met à monter, comme une tension amoureuse, ce sentiment étrange, à la fois agréable et un peu stressant. Angoulême approche et je me dis que si elle n’y descend pas j’irais l’aborder juste après. Le train s’arrête et repart. Elle est toujours là. Il faut que je lui parle c’est obligatoire. Bien sûr, comme chaque fois que l’enjeu est important, je suis un peu paralysé. Mais je dois me ressaisir. J’imagine que c’est peut-être la femme de ma vie, qui est assise trois fauteuils plus loin et si je devais ne jamais lui parler, ça serait une grande perte, une perte définitive. Je me lève lentement et essaye de calquer ma démarche sur celle d’un grand félin. Elle-même ressemble à une bête sauvage et belle, alors autant que mon apparence rime avec la sienne. Je ne suis plus qu’à deux pas d’elle. Elle lève ses yeux vers moi encore cachés par les boucles de ses cheveux. Je lui fais un sourire et sur son visage le sien se dessine comme pour faire écho au mien. Je sens mon cœur accélérer. Je me penche vers elle et de ma voix la plus chaude, en quelques phrases, je lui parle de la douceur des voyages et des rencontres et de mon invitation à aller boire un café au wagon restaurant.
Là elle me sourit encore, et me dit avec dans la voix des intonations que ne renierait pas une marchande de poissons : " Ça me dirait vachté bien, mais chpréfer’ pas, cause que chuis toute ballonée à koz’ des fayots que j’ai mangé hier soir ".
Bref, je suis allé me rasseoir. Mais merci. Merci mon ami le destin. Merci d’avoir mis hier soir dans son assiette, ces féculents qui ce matin lui ont fait craindre l’accident gazeux lors de son déplacement vers ce wagon restaurant qui n’aurait pas été le témoin d’un idylle naissante.
24 août 2005
Cette année tout va changer pour moi
C’est vrai que pendant longtemps, je n’ai pas su profiter des bienfaits que pouvait m’apporter le Monde. Par manque d’information, j’ignorais les possibilités offertes aux hommes modernes. Mais grâce à la magie du Internet, maintenant je suis au courant. Alors voilà mon plan en trois phases que je vais mettre en place dès la rentrée. Aidez-moi s’il vous plait, dites-moi ce que vous en pensez.
First you get the tool ! (Oui, parce que c’est de là que va découler tout le reste !)
Il semblerait que sur le Internet, je ne me sois pas fait que des amis. Franchement… Vous croyez que si mes potes étaient de vrais amis, ils auraient communiqué mon adresse à tous ces sites qui ne font que me rappeler la misère sexuelle dans laquelle je vis. Mais j’ai décidé de rebondir et de retourner la situation. Donc, pour changer le cours de mon destin, je vais commencer par répondre à ces émiles que je reçois par centaines à longueur de mois. C’est vrai que jusqu’ici, bêtement, je n’y prêtais pas attention. Mais là, c’est fini ! Donc pour le glamour, j’ai pensé commencer par «improve desire and performance ». Je ne sais pas trop en quoi ça va consister, mais il semblerait qu’il s’agisse de «Pleasure my partner every time with a bigger, longer, stronger Unit ». Et ça tombe bien parce que justement une stronger unit, j’en rêvais. Je vous vois bien, vous vous dites : « Ça sert à rien Yoj, moi je sais bien qu’il vaut mieux en avoir une petite et vaillante qu’une grande paresseuse ». Et bien même si je trouve votre réflexion encourageante et teintée de charité à mon égard, permettez-moi d’en douter ! En fait, il semblerait que l’inventeur de cette rumeur propagée dans le monde entier, ait lui-même été doté d’un tout petit engin et qu’il n’ait réussi par je ne sais quel moyen à faire croire à ce mensonge que dans le but de servir ses intérêts. Vous remarquerez avec moi, qu’il a bien réussi son coup puisque vous aussi, vous vous êtes laissés berner. Bref grâce à ce «natural enlargement », je serais doté d’une machine capable de m’assurer la notoriété que je mérite. Et elle sera grande (D’ailleurs, vous comprendrez que je ne parle pas QUE de ma notoriété). Il ne me restera plus qu’à réussir à la rendre courageuse. Mais là encore, pas de problème ! J’ai trouvé l’information dans ma boite émile. (Ah ! Décidemment, Internet est vachement bien fait !). En fait, il me suffira de répondre à ce courrier qui me propose quelques médicaments certainement très bons pour ça, d’abord parce qu’ils vont réussir à «Give to me some endless erections » et que c’est vraiment sans risque puisque c’est «Drugs FDA approuved » et comme en plus ça va être «delivered to my door », personne sera au courant du subterfuge. C’est là que c’est malin ! Et grâce à ça, je pourrais enfin «become the man that women desire ». C’est pas beau la vie ? Ben moi il me semble que OUI.
Bon mais là je n’aurais que le moyen de m’attacher les faveurs des femmes que j’aurai rencontrées. Le problème, ça va justement être ça parce que quand on est petit et moche, ben les femmes on les attire pas trop. A moins bien sûr d’être pété grave de thunes. Donc voilà la deuxième phase du plan :
Second you get the money !
J’ai toujours pensé que pour s’enrichir, il fallait soit travailler, soit voler (mais travailler, c’est trop dur et voler sépabo). Ben je préfère vous l’avouer : j’étais bien naïf ! Parce qu’encore grâce à le Internet, la solution est arrivée toute seule dans ma boîte émile. Il se trouve que grâce à un truc que j’ignore, mon adresse a été repérée par des gens dans la détresse, qui me proposent contre rétribution d’héberger sur mon compte bancaire une somme assez rondelette contre un petit pourcentage. Il y a d’abord cette veuve (en plus je crois qu’elle est jeune et belle !) d’un ministre africain qui souhaite faire transférer par MON compte, les 28 millions de dollars cachés par son mari emprisonné dans les geôles de son pays. Pour ça, je toucherais 5% de la somme. Puis il y a aussi le fils d’un richissime négociant dont le père a été assassiné par des rebelles qui me propose 3% des 40 millions d’euros que son père a réussi à amasser grâce au commerce du café.. Et puis, j’ai aussi reçu des demandes d’assistance de la troisième femme d’un président togolais en fuite, de la sœur d’un ministre haïtien et de l’ex femme d’un milliardaire américain poursuivie par José Bové. (Elle ne m’indique pas son nom mais je pense qu’il doit s’agir de celle de Ronald MacDonald). Bref, après quelques rapides calculs, je devrais réussir à gagner environ 8,7 millions d'euros et en plus, sans rien faire !
Alors ? Vous en pensez quoi ? Cela me semble une bonne idée, non ? Par contre, soyez assurés de ma grandeur d’âme. Je ne voudrais pas qu’à cause de cela, vous pensiez que je suis un homme vénal. En fait, c’est aussi parce que j’aime bien rendre service aux gens.
Et maintenant, la dernière phase du plan.
Third, you get the girls !
Finalement, ça va être moins difficile que ce que je croyais, parce que les propositions je les ai aussi reçues directement dans ma boite. Il y a d’abord une bonne cinquantaine de femmes des pays de l’Est qui souhaitent me rencontrer pour fonder un foyer. Les idiotes ! Laissons-les rêver les pauvres ! C'est vrai que je pourrais avoir du «Happiness with Tatiana » Mais bon… Je suis pas idiot non plus. Parce qu’avec tous les « talents » et l’argent que je vais posséder, je ne crois pas que je vais m’embêter avec une seule femme alors que je peux en avoir plusieurs. Ben oui ! Malgré son air abruti (et sa vue basse), il est pas débile le Yojik. Je crois que je vais plutôt répondre à ces nombreuses femmes qui m’envoient des émiles commençant en général par «It’s me » ou alors par «Real nude pictures for you » et qui me promettent, si j’ouvre un des fichiers joints, de nombreuses photos un peu licencieuses (voire même pour certaines, carrément cochonnes). Pour me faire une idée disent-elles.
Donc voilà. Ça vous parait une bonne idée mon plan ?
13 août 2005

11 août 2005
Naissance d'un blog avec rien dedans
Ben c'est normal, je viens juste de l'ouvrir.
(Et puis petit Nicolas et "n'a qu'un oeil", désolé de vous contrarier, mais ce blog est un immigé venu d'ailleurs).
08 août 2005
guerrière


